Le Brésil confirme ses premiers cas de coronavirus

Le Brésil confirme ses premiers cas de coronavirus
Le Brésil confirme ses premiers cas de coronavirus

Trois premiers cas confirmés à São Paulo et, à ce jour, 488 cas suspects ont suffit à créer une vague de panique dans tout le pays avec des conséquences sur une économie, déjà fragilisée par des années de crise. Pour le moment les autorités n´envisagent aucune mesure au niveau des frontières, mais le secteur du tourisme donne des signes de ralentissement, surtout pour les voyages internationaux.

São Paulo en première ligne

Avec trois cas confirmés, un premier le 26 février, un second le 29 février, et un ce 03 mars, le Brésil entre dans la liste des pays atteints par le virus. Par chance, ces cas sont survenus juste après la période de carnaval, sinon personne ne sait ce que serait devenu la plus grande fête de l´année, surtout à São Paulo, qui connait un grand succès ces derniers temps pour son carnaval de rue. C´est aussi la ville qui compte le plus grand nombre de cas suspects du pays, avec 136 personnes en quarantaine, les autres cas se répartissant sur 23 autres Etats de la fédération. Les trois cas confirmés sont des hommes habitants de São Paulo, qui ont séjourné en Italie du nord (Milan, Turin et Vérone) ces dernières semaines. Tous trois sont aujourd´hui confinés à l´hôpital Albert Einstein de São Paulo.

Dès le 27 février, au lendemain de cette annonce, la bourse de São Paulo a chuté de 7% et le dollar a dépassé les 4,50 R$ (l´Euro a atteint les 5,00 R$ à São Paulo) et le ministère de l´économie a revu à la baisse ses prévisions de croissance, qui devrait désormais se situer à 2% cette année. Dans le secteur de l´électronique près de 60% des industries brésiliennes sont affectées par le ralentissement de l´approvisionnement des composants en provenance de Chine. Quant au commerce international, la Chine est un marché essentiel pour le Brésil puisqu´il représente 30% du total de ses exportations, avec trois produits phares, le soja (30%), le pétrole (26%) et le minerai de fer (21%). A ce jour les contrats ont été honorés mais le ralentissement de l´économie chinoise inquiète les milieux d´affaire au Brésil.

Côté tourisme, les professionels du secteur annoncent une chute des ventes de voyages de plus de 20%, même chose pour les compagnies aériennes.

Une bonne nouvelle pourtant dans cette vague de panique, les chercheurs de l´institut de médecine de l´université de São Paulo (IMT-USP), viennent d´annoncer que le séquençage complet du génome viral a été établi, cela en un temps record de 48 heures (l´institut Pasteur à Paris a mis le même temps), une étape essentielle dans la lutte contre l´épidémie.

Pas de mesures particulières

Parmi les mesures, le ministre de la santé, Luiz Henrique Mandetta, a annoncé l´anticipation de la campagne de vaccination de la grippe qui était prévue pour la mi avril mais qui commencera le 23 mars. Il s´agit là d´une mesure visant à réduire l´afflux de population dans les établissements de santé (dispensaires et hôpitaux), dans l´espoir qu´il y aura moins de monde touché par la grippe, allégeant ainsi les infrastructures sanitaires pour laisser la place aux personnes réellement touchées par le coronavirus. En terme d´efficacité on sait que le vaccin antigrippal n´est d´aucune utilité contre le coronavirus.

Luiz Henrique Mandetta, ministre de la santé, annonçant l´anticipation de la campage contre la grippe.

Luiz Henrique Mandetta, ministre de la santé, annonçant l´anticipation de la campage contre la grippe.

En ce qui concerne la propagation du virus, le ministre et l´agence nationale pour la santé (ANVISA) annoncent l´installation de structures sanitaires et l´agrandissement de celles qui existent déjà dans les aéroports et aux frontières, ce qui concrétement permettra d´accueillir et trier plus efficacement les voyageurs présentants des symptômes.

Doit-on annuler ou reporter son voyage au Brésil ?

A ce jour il y a bien plus de chances de contracter le virus dans les zones à haut risque, comme la Chine ou le nord de l´Italie qu´au Brésil. Bien entendu, vu la rapidité de la propagation du virus dans le monde, il faut suivre l´information au quotidien pour vérifier comment la situation évolue, mais rien à ce jour ne justifie un report ou une annulation. Ce sont plutôt les Brésiliens qui aujourd´hui hésitent et reportent leurs voyages vers l´étranger, l´Asie et l´Europe en particulier.

On doit d´autant moins s´inquiéter que le Brésil compte parmi les pays les mieux préparés contre les menaces biologiques ; sur la liste des 195 pays étudiés par le Global Health Security, il apparait en 22ème  position alors que la Chine est à la 51ème place, le Brésil fait aussi partie des 9 pays considérés au top en matière de réponse rapide à une épidémie. Enfin, des institutions de recherches du Brésil, comme la FIOCRUZ, l´institut Butantan, l´institut Adolfo Lutz ou encore l´institut Evandro Chagas sont des références mondiales.

En matière de surveillance de l´état de santé des populations (veille sanitaire) le pays a aussi fait ses preuves dans les récentes épidémies de zika et de H1N1. Ceci étant, son système public de santé est largement défaillant, avec notamment un manque de lits en soins intensifs dans tout le pays et d´infrastructures d´accompagnement des patients ; des problèmes, qui conduisent la population qui en a les moyens à avoir recours aux systèmes privés de santé (plano de saúde).

Malgré ses carences, le Brésil se veut préparé pour répondre au coronavirus, reste à savoir à quel point, tout dépendra de l´ampleur de cette épidémie. Pour le moment le Brésil est sûr et n´envisage aucune mesure restrictive pour les entrées et sorties du pays. En revanche, il se réserve le droit d´obliger à la quarantaine toute personne, y compris les touristes, ou groupe, présentant des symptômes du coronavirus.

Secteur des arrivées à l´aéroport de São Paulo.

Secteur des arrivées à l´aéroport de São Paulo.

NB : les données présentées ici datent du 03 mars 2020, on devra donc s´actualiser sur la situation si l´on s´inquiète pour un futur voyage au Brésil.

2 Comments

  • Amine dit :

    Merci pour cette article intéressant, Il ne faut pas céder à la psychose médiatique, on a connus des crises bien plus dangereuses dans le passé récent comme celle de l’ebola ou du H5N1. Il ne faut pas oublier de mentionner que la très grande majorité des personnes infectée par le virus recouvre pleinement leur santé au bout de quelque jours. et que la plupart des personnes malheureusement décédé avaient une santé fragile avant même de contracter le virus.

    Je fais confiance au institution brésilienne pour faire fasse au cas ou une épidémies se déclare dans le pays. qui ont une expérience de gestion de crise bien plus grand que certain pays européen.

    • Bruno dit :

      Tout a fait exact Amine, et c´est pour cela que le Brésil est classé parmi les pays les mieux préparés pour combattre une épidémie.
      Et de toute façon pas de panique, c´est le mot d´ordre ! Un grand merci pour votre intervention. Bruno

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