Découvrir Tiradentes, la magnifique

Tiradentes, la magnifique
Tiradentes, la magnifique

Entourée de montagnes, à moins de 200 km de Belo Horizonte en plein coeur du Minas Gerais, la petite ville de Tiradentes est l´un des joyaux coloniaux du Brésil. Outre la beauté de ses maisons et de ses rues, on y trouve de bons restaurants, de bons héberbegements et un artisanat original et varié.

Sur les traces de l´histoire de Tiradentes

Comme la plupart des villes coloniales de cette région, Tiradentes est née de la découverte d´or en 1702. Ce qui n´était au début qu´un campement d´orpailleurs devient un village dès 1718 et prend le nom de São José, en hommage au prince du Portugal, futur José 1er, couronné roi en 1750. En 1760, São José est élevé au rang de ville. Son nom sera changé juste après la proclamation de la république (1889), et c´est Tiradentes qui est adopté, cette fois en hommage au héros d´un mouvement séparatiste et anti-monarchiste, connu comme Inconfidência Mineira. Tiradentes, qui veut dire « arracheur de dents » (car il exerçait le métier de dentiste, entre autres activités), de son vrai nom José Joaquim da Silva Xavier, sera exécuté en 1792 par les autorités coloniales.

Pendant tout le 18ème siècle la ville est un des plus importants producteurs d´or du Minas Gerais. Mais, dès la seconde moitié du siècle les gisements s´épuisent, ce qui n´empêcha pas la couronne portugaise d´exiger son pourcentage sur la production ; une attitude qui sera à la base du mouvement anti-monarchique mené par Tiradentes. A la fin du 18ème, la dette de la commune envers le Portugal s´élève à plus de huit tonnes d´or.

Au début du 19ème, l´or n´est plus l´activité principale et devant sa rareté la population se tourne vers l´élevage de bovins et de porcs, parvenant même à exporter sa viande dans toute la région et jusqu´à Rio de Janeiro, alors capitale du pays. Lors de la seconde moitié du 19ème la production textile se développe significativement et permet de diversifier les revenus. A cette époque, plus de 70 métiers à tisser sont en activité, employant plusieurs dizaines de personnes. Mais cela ne suffira pas à sortir le village du marasme économique qu´il connait depuis la fin du cycle du diamant.

Les villes alentours grandissent et à la fin du 19ème la fondation de la nouvelle capitale du Minas Gerais, Belo Horizonte, située à 196 km, est planifiée pour le développement d´activités économiques, essentiellement liées à l´exploitation minière et industrielles. Tiradentes restera un village presque oublié et arrêté dans le temps, ce qui par ailleurs, lui permet de conserver presque intact la majeure partie de ses constructions coloniales, maisons, villas, églises, etc. En 1938, le village est classé au Patrimoine National, Tiradentes devient le témoin d´une époque disparue, un privilège dans un pays où les buldozers ont presque partout fait table rase de l´histoire.

Au fond l´église matriz de Santo Antônio (1710)

Au fond l´église matriz de Santo Antônio (1710)

Le renouveau touristique à Tiradentes

Depuis les années 1920, l´architecture coloniale et la tranquilité du village en font un des lieux préférés des intellectuels et artistes brésiliens. Séjourner à Tiradentes c´était comme remonter le temps. Cet intérêt ne s´est jamais démenti et alors que Belo Horizonte s´érigeait en une métropole de buildings, sa classe moyenne recherchait le rythme naturel et paisible des villages. Tiradentes avait ainsi tout pour la séduire. Puis, dès les années 80 le village est devenu un site touristique qui n´a cessé d´attirer les visiteurs d´autres régions du pays et de l´étranger. A la fin des années 90, Tiradentes devient aussi un des hauts lieux de la culture, accueillant l´un des premiers festivals de cinéma du pays, mais aussi de nombreuses expositions et spectacles divers.

Aujourd´hui, le village, avec un peu plus de 7.000 habitants, compte plusieurs dizaines d´hébergements, dans toutes les catégories, mais aussi d´excellents restaurants ; puis, ce qui fait aussi la réputation du village, c´est son artisanat, avec ses nombreux ateliers qui produisent une grande diversité d´objets décoratifs ou utilitaires. On y travaille beaucoup le bois de démolition (mobilier, objets d´art, etc), mais aussi le métal (luminaires, ustensiles de cuisine, pots, etc), le tissage (linge de maison, tapis, etc) et la céramique (vases, statuettes, vaisselles, etc). Un des principaux sites de production de cet artisanat est le Vale do Bichinho, une vallée qui se trouve à 7 km du village. On accède à cette vallée par une petite route de campagne, il y a peu de transport en commun pour s´y rendre, mais il est facile d´y aller en taxi, on peut par exemple s´accorder sur un forfait pour la demi-journée.

Si loin, si près

On accède en général à Tiradentes en passant par Belo Horizonte, c´est là que se trouve l´aéroport le plus proche. De l´aéroport, situé à 45 km du centre de Belo Horizonte, on a le choix de louer une voiture, si on veut aller à Tiradentes directement, ou prendre un bus ou un taxi pour la rodoviária (gare routière) située dans le centre ville. De la gare routière de Belo Horizonte, on doit prendre un car pour São João del Rey, la ville située à 14 km de Tiradentes. Il y a une dizaine de départ par jour le week-end, un peu moins en semaine, le trajet dure 3h30. Une fois sur place, il faut prendre un autre car, ou un taxi pour rejoindre Tiradentes, le trajet dure 45 minutes. Il y a également des départs en autocar de Rio de Janeiro, située à 333 km, pour São João del Rey, avec trois départ par jour, le trajet dure alors 5h30 heures.

La Maria Fumaça en gare de Tiradentes.

La Maria Fumaça en gare de Tiradentes.

Une autre possibilité de transport entre São João del Rey et Tiradentes, beaucoup plus glamour celui-là, est le vieux train et sa locomotive à vapeur (aujourd´hui au fioul) connue comme Maria Fumaça. Le trajet dure 45 minutes sur un parcours de 12 km, il y a en général deux départs par jour, un à 10h00 et l´autre à 13h00, mais ce train ne circule que de mercredi à dimanche. Le tarif par personne est de 70 Reais (15 Euros), les enfants de moins de 12 ans payent moitié prix et c´est gratuit pour les moins de cinq ans. On peut aussi faire le trajet inverse, départs à 11h00 et 14h00 de Tiradentes. Bien qu´il s´agisse aujourd´hui d´un train touristique, le trajet vaut la peine pour découvrir la campagne environnante en avançant à un rythme tout droit venu du 19ème siècle.

Sur place

On va surtout à Tiradentes pour l´ensemble architectonique, rues pavées et maisons colorées forment avec les paysages en toile de fond, un spectacle unique. Comme tout se concentre dans le centre du village, on se déplace à pied partout. Flâner dans les nombreux magasins, brocantes et antiquaires fait aussi partie du séjour. Enfin, le village abrite quelques églises de l´époque coloniale qui valent la peine d´être visitées, dont la Matriz de Santo Antônio (1710) qui est la seconde église la plus riche en or du Brésil (derrière celle de São Francisco à Salvador). Celle de Notre-Dame do Rosário dos Pretos (1708) est la plus ancienne de la ville, construite par les esclaves elle abrite des saints noirs.

Parmi les musées, la Casa do Padre Toledo propose un voyage dans le temps à travers sons et images, ainsi que l´histoire du héros qui a donné son nom au village. Parmi les points forts de ce musée il faut citer les boiseries et plafonds peints. Le museu de Santana présente quant à lui plus de 300 images religieuses de Sainte Anne provenant de tout le Brésil. Le musée de l´automobile da Estrada real, se trouve lui dans le Vale do Bichinho, il abrite plus de 50 modèles de voitures anciennes qui circulaient sur la Estrada Real, la « route royale » (voir article sur ce blog) qui reliait la région à Rio de Janeiro, la capitale de l´époque.

Musée Casa do Padre Toledo à Tiradentes.

Musée Casa do Padre Toledo à Tiradentes.

Où Manger, boire et dormir à Tiradentes

La cuisine de la région de Minas Gerais, Cozinha Mineira, est connue pour sa diversité et certains plats sont devenus des incontournables de la table au Brésil. N´oublions pas que le Minas est un Etat montagneux dans l´arrière pays et sans accès maritime. Peuplé essentiellement par des mineurs depuis la découverte de l´or, puis par la suite des pierres et métaux, la rudesse du travail et du climat (plus froid que sur la côte) a favorisé une cuisine paysanne consistante et simples en raison des ingrédients disponibles sur place. Si loin des ports, les denrées importées étaient inaccessibles. C´est donc la viande de porc, les flageolets et le manioc qui dominent la cuisine locale. Avec le développement de l´agriculture, cette cuisine s´est ensuite enrichie d´autres ingrédients produits sur place, comme le poulet, le maïs, le boeuf, le lait et fromage, ainsi que des fruits et légumes comme gombo, goyave, chou, ou encore potiron.

Au menu, parmi les plats les plus populaires le Feijão Tropeiro (mélange de flageolets, farine de manioc, oeufs, saucisse, lardons, ail, oignons…), le Tutu à Mineira (purée de flageolets, oignon, saucisse, oeufs…) qui reprend les ingrédients du feijão tropeiro mais transformé en purée à laquelle on ajoute de la cachaça. Un autre plat, un peu plus léger celui-ci, est le Frango com Quiabo (poulet aux gombos) qui est accompagné de Angú (polenta de maïs), ou encore le Bambá de Couve (soupe de chou et farine de maïs) et aussi la Galinha ao Molho Pardo (poulet en civet). On doit aussi goûter les Pão de Queijo (pain de fromage), typique du Minas mais que l´on retrouve dans tout le pays et aussi le Doce de Leite (lait caramélisé) qui l´on mange avec du fromage de Minas.

Quant aux boissons et aliments liquides, il faut savoir que le Minas Gerais est le plus gros producteur de café du Brésil, à lui seul il représente 50% de la production du pays, mais aussi de cachaça (alcool de canne), 44% de la production nationale, et enfin de lait, avec près de 30% de la production du pays.

A Tiradentes les bons restaurants ne manquent pas, on peut en essayer un nouveau chaque soir ! Il faut citer le Tragaluz, un classique de la cuisine contemporaine et Mineira revisitée. Pour la cuisine brésilienne variée et locale raffinée, le Theatro da Villa, le Angatú, le Paco e Bacco, le Santíssima  Gula, ou encore le Atrás da Matriz. Quant à la cuisine mineira, on peut la découvrir au Leitão do Luiz Ney, au Viradas do Largo, au Ora Pro Nobis, au Estalagem do Sabor, et enfin chez Dona Xica (une vraie cuisine maison), tous des classique du coin et situés dans le village. Attention, la cuisine mineira est en général très bien servie, on peut donc commander un plat pour deux.

Poser ses valises à Tiradentes

A Tiradentes ce sont les pousadas qui composent l´ensemble des hébergements, il y en a au moins une quarantaine dans le village, dans toutes les catégories, des plus charmantes aux plus simples. Si on recherche la nature et l´isolement, quelques hébergements sont installés dans des anciennes fermes ou demeures excentrées ou en dehors du village, ce qui oblige à demander un taxi pour se déplacer. Tous les sites d´hébergements online les proposent et on peut y faire son choix suivant les tarifs et en voyant les photos.

Bon à savoir à Tiradentes

Situé à 927 mètres d´altitude, la température varie entre 11 et 29 degrés, on doit donc prévoir un vêtement plus chaud pour le soir, et bien sûr en hiver. La période la plus sèche et la plus ensoleillée va d´avril à septembre, c´est aussi celle qui a les températures les plus basses la nuit. Si on a le choix, mieux vaut y séjourner en semaine et si possible en dehors des périodes de congés (Réveillon, carnaval…) car en raison de la proximité de Belo Horizonte, le village est bondé.

Une rue du centre de Tiradentes.

Une rue ducentre de Tiradentes.

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