Un oiseau d´Amazonie déclaré le plus bruyant du monde

Un oiseau d´Amazonie déclaré le plus bruyant du monde

De la taille d´un pigeon domestique, l´araponga blanc (procnias albus) émet des sons pouvant atteindre 125 décibels, ce qui fait de lui l´oiseau le plus bruyant du monde. Il dépasse ainsi les 120 décibels d´un concert de Rock, les 110 d´une tronçoneuse et se rapproche des 140 d´une turbine d´avion. Autant dire que personne ne souhaite voir un jour cet oiseau coloniser les villes.

Une découverte récente

Ce n´est qu´en octobre dernier, après deux années de recherches, que des scientifiques brésiliens et américains sont parvenus à confirmer que l´araponga blanc était bien le volatile le plus bruyant du monde animal ; un record détenu jusqu´ici par un autre oiseau amazonien et proche cousin de l´araponga, le piauhau (lipaugus vociferans), connu aussi sous le nom de paypayo en Guyane et dont le cri atteint les 116 décibels.

L´Amazonie abrite d´autres animaux parmi les plus bruyants du monde, dont certains mammifères comme le singe hurleur (alouatta caraya) avec ses 128 décibels, ou encore le grand noctilion (noctilio leporinus), une chauve-souris qui ne pèse pourtant pas plus de 80 grammes mais qui peut atteindre 140 décibels lorsqu´elle pousse son cri de chasse, ou plutôt de pêche, car elle se nourrit essentiellement de poissons.

Quant à l´araponga blanc…

Bien que détenteur du record mondial de décibels parmi les oiseaux, le chant, ou plutôt le cri, de l´araponga est loin d´être le plus mélodieux, il s´agit en fait d´une série de bruits mécaniques et métalliques, ressemblants à ceux d´une machine, ce qui vaut aussi à cet oiseau le nom de ferreiro au Brésil (ferrand, celui qui travaille le fer). L´araponga pèse autour de 220 grammes pour une longueur de 28 cm (du bec à la queue), soit à peu près la taille d´une grosse tourterelle ou d´un jeune pigeon domestique. Seul le mâle a le plumage tout blanc, il est aussi reconnaissable à une appendice qu´il porte sur le bec et qui n´a rien à voir avec sa puissance vocale. La femelle et les jeunes sont d´un vert olive, et surtout beaucoup plus silencieux que le mâle.

Un autre bizarrerie chez cet oiseau, son cri monte en puissance à fur et à mesure qu´il se rapproche de la femelle, alors que normalement chez les oiseaux les appels sont émis lorsqu´ils sont loins, justement pour attirer l´attention des femelles. Une des hypothèses pour cette particularité serait qu´en assourdissant la femelle en s´en rapprochant, le mâle couvre les appels d´éventuels rivaux. Une explication qui reste à prouver, comme beaucoup d´autres concernant cet oiseau mal connu.

Femelle de araponga blanc

Femelle de araponga blanc.

Une autre particularité de l´araponga est sa musculature abdominale, généralement insignifiante chez les oiseaux, de la finesse d´une feuille de papier, elle est d´un centimètre d´épaisseur chez l´araponga blanc, une adaptation qui lui permet de ne pas s´exploser le ventre lorsqu´il crie.

Enfin, nul n´explique cet appendice qui pend depuis le dessus de son bec et mesure plusieurs centimètres. De loin on pourrait penser qu´il s´agit d´un ver, d´une larve ou même d´un petit reptile, alors qu´il s´agit plutôt d´un prolongement de ses narines. Personne jusqu´ici n´explique son utilité, ce n´est peut-être qu´une question d´esthétique pour cette espèce, les oiseaux ayant parfois des goûts bien étranges…

Le cri le plus fort pour une existence des plus discrètes

Malgré ce record d´oiseau plus que tapageur, notre champion des décibels mène une existence très discrète, à tel point qu´il a été très peu étudié. Il est vrai que son observation n´est pas des plus aisées, si ce n´était grâce à son cri, il est même probable qu´on ne l´aurait jamais découvert, ou en tout cas pas différencié de ses proches cousins araponga, ce genre d´oiseau de la famille des cotingidae étant composé de quatre espèces, habitants toutes l´Amérique du sud.

Pour compliquer un peu plus son approche, l´araponga vit dans les forêts humides d´altitude, autour de 1.500 m, dans le nord de l´Amazonie, principalement au Brésil mais son habitat s´étend aux Guyanes et au Venezuela. Il se nourrit de fruits et quitte rarement la cime des arbres, si l´on sait peu de choses sur cet oiseau, on sait que son habitat est menacé par le réchauffement climatique et l´expansion des activités humaines.

Mâle d´araponga dans son milieu naturel

Mâle d´araponga dans son milieu naturel.

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