Belém, porte de l´Amazone

Belém, porte de l´Amazone
Belém, porte de l´Amazone

Située dans le delta de l´Amazone, Belém est l´une des villes les plus dépaysantes du pays. A la Belle Epoque on la disait plus proche de l´Europe que du Brésil et les barons du caoutchouc la considéraient comme un Paris en Amérique. De ce faste passé elle conserve dans son architecture de nombreux vestiges, notamment de style Art Nouveau. Mais Belém est aussi très amazonienne par sa population, par sa culture, par sa géographie, faisant d´elle la porte de l´Amazonie…

Entre jungle et buildings

Bélem est la plus grande capitale de la région amazonienne, c´est aussi la plus dynamique, avec un million et demi d´habitants et des quartiers modernes qui n´ont rien à envier aux grandes métropoles du sud du pays. Ce qui frappe d´abord dans cette grosse ville c´est son climat, chaud et humide, son odeur, sa moiteur, à la fois port et forêt par l´omniprésence de l´eau et de la végétation, ses senteurs, ses saveurs, et enfin sa population, en grande majorité issue du métissage Indiens-blancs, que l´on appelle ici Caboclo. On l´aura compris, la forêt amazonienne hante Belém, on la retrouve dans le regard des gens, dans son rythme, il y a de la splendeur jusque dans sa décadence. Ici tout nous ramène à l´exotisme et rappelle que c´est l´Amazonie qui a fait sa grandeur.

Si loin de la Palestine

Belém en portugais est la traduction de Bethléem (Palestine), ville avec laquelle est elle jumelée (Belém est aussi jumelée avec Fort-de-France). Rien d´étonnant alors que la première garnison hispano-portugaise (on est en période d´union de l´Espagne et du Portugal, de 1580 à 1640) à occuper la région dès 1580, fonda en 1616, sur le site actuel de Belém un fort qui fut baptisée Forte do Presépio (le fort de la crèche). A l´époque il s´agissait d´un simple fortin de bois qui permettait de défendre l´accès à l´Amazonie, convoitée par les Hollandais, les Français et les Anglais, mais aussi se protéger des attaques des Indiens de la région qui refusaient de se soumettre. Cinq ans plus tard, le roi Felipe II du Portugal décrèta la création de la capitainerie du Grão-Pará, avec pour capitale Santa Maria de Belém, aujourd´hui tout simplement Belém.

Escalier du magasin de tissus Paris N´América, une copie des Galeries Lafayette

Escalier du magasin de tissus Paris N´América, une copie des Galeries Lafayette.

Un pont entre l´Amazonie et l´Europe

Pendant toute la période coloniale, Belém n´avait qu´une importance stratégique à l´entrée du delta de l´Amazone. La production de canne à sucre en était la principale ressource mais en raison du climat peinait à y être réellement rentable. La ville végétait, presqu´oubliée aux confins de l´extrême nord du pays, alors que le sud était en plein développement. Il faudra attendre le 19ème siècle, avec l´indépendance du pays (1822), qui mit fin au monopole portugais et permit de développer le commerce international, mais surtout le boom du caoutchouc à partir des années 1870. Ce cycle économique, qui dura jusqu´en 1912, fit de Belém le centre d´intérêt des négociants, investisseurs et industriels du monde entier, le latex se revendant à prix d´or. A cette période, Belém est complètement tournée vers l´Europe, elle est le port amazonien le plus proche en distance de l´Europe et de l´Amérique du nord, c´est par elle que transite le précieux latex en provenance de l´intérieur amazonien, principalement de Porto Velho et Manaus.

Carte du delta de l´Amazone

Carte du delta de l´Amazone.

La fin d´une époque

Pendant que les barons du caoutchouc s´activaient avec leurs fortunes à faire de Belém le Paris des Amériques, les Anglais, qui s´étaient procurés clandestinement des graines d´hévéas, développaient leurs propres plantations dans leurs colonies du sud-est asiatique. C´est ainsi, qu´à la veille de la Première Guerre Mondiale, ils inondèrent le marché international avec une production que les Brésiliens ne pouvaient pas concurrencer en raison des coûts. Les plantations britaniques étaient planifiées et proches des ports d´exportation, alors qu´en Amazonie il fallait pénétrer dans la forêt et récolter sur des hévéas dispersés, pour ensuite regrouper les ballots de latex et les acheminer jusqu´aux ports d´exportation par les rivières. La production brésilienne n´étaient plus rentable, elle plongea la région amazonienne dans le marasme, et mena ses villes à la faillite.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, le contrôle qu´exerçaient les Japonais en Asie du sud-est permit de redynamiser la production amazonienne pour répondre à la demande des Alliées, qui avaient besoin de grandes quantités de pneus pour leurs armées. Mais la reprise fut de courte durée, dès 1945 l´Asie du sud-est reprit ses exportations massives et compétitives.

Marché de la viande, de style Art Nouveau

Marché de la viande, de style Art Nouveau.

La modernité

Ce n´est qu´à partir des années 1960 que l´Etat du Pará, dont Belém est la capitale, s´engage dans une économie qui n´aura cesse de se développer. Riche de nombreux minerais, dont la bauxite, le manganèse, le fer, l´or et l´étain, la région est aussi agricole, principalement avec l´élevage de bovins, mais aussi l´extraction du bois, c´est aussi le 1er producteur de poivre du pays et l´un des principaux pour l´huile de palme et le açaí (fruits du palmier), le cacao et le manioc. Second Etat du Brésil avec près de 1.250 000 million km² (plus de deux fois la France), Belém est le centre d´exportation de toute cette production avec ses deux grands ports d´où partent les cargos vers l´hémisphère nord et le sud du pays.

Belém est aussi le second pôle industriel du nord du Brésil (juste après Manaus), où se distingue l´industrie navale, agroalimentaire, métallurgique, chimique, ainsi que celles de la pêche et du bois. C´est dans ses ports que transite près de la moitié des containers qui écoulent la production amazonienne. Par ailleurs, Belém est une ville touristique, bien que très éloignée des métropoles du sud (São Paulo, premier émisseur de touristes nationaux est à 2.897 km), qui connait depuis quelques années une véritable revitalisation de ses vestiges, de ses monuments et de sa culture.

La ville garde de son riche passé et de sa période coloniale de nombreux édifices et façades, principalement dans le secteur du port, du fort et du marché Ver-o-Peso, la carte postale de Belém.

Mais la ville est loin d´être figée dans le temps, ses quartiers modernes, comme Umaziral, connaissent une dynamique vie culturelle et nocturne. On ne s´ennuie donc jamais à Belém, ni de jour ni de nuit, et l´on ne peut en aucun cas partir à la découverte de cette capitale amazonienne sans se plonger dans l´un de ses aspects les plus savoureux et dépaysants, sa gastronomie. Belém est en effet, avec Bahia, la région du Brésil qui a la plus forte identité culinaire du pays…

Quartier de Umaziral

Quartier de Umaziral.

A suivre : tourisme à Belém.

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