Soeur Dulce, la sainte de Bahia

Soeur Dulce, la sainte de Bahia
Soeur Dulce, la sainte de Bahia

Béatifiée en 2011 pour un premier miracle, Irmã Dulce (soeur Dulce) devient la première femme née au Brésil a ête proclamée sainte par le Vatican, qui vient de lui reconnaitre un second miracle.

Le bon ange de Bahia

A Bahia, elle est connue comme O anjo bom da Bahia (l´ange bon de Bahia) et fait l´objet d´un culte qui n´a jamais cessé de croître et est bien antérieur à sa béatification en 2011. Née en 1914 à Salvador de Bahia, soeur Dulce, dont le nom de naissance est Maria Rita, est entrée dans les ordres à l´âge de 19 ans. Elle incorpore alors la congrégation des soeurs missionnaires de l´Immaculée Conception de la Mère de Dieu (fondée au Brésil en 1910) et adopte le nom religieux de Irmã Dulce (soeur Dulce) en hommage à sa mère qui portait ce prénom. Pendant près de 60 ans (elle décède en 1992), soeur Dulce n´aura de cesse de venir en aide aux plus pauvres, pour cela on l´a souvent désigné comme la mère Teresa du Brésil.

Irmã Dulce sera prochainement canonisée comme Sainte-Dulce des Pauvres, c´est le pape François qui vient officiellement de le proclamer. Cela fera de Irmã Dulce la 37ème personne à être canonisée au Brésil, dont elle sera la première femme réellement native de ce pays, la plupart des saints au Brésil sont des hommes, en général des religieux de l´époque coloniale nés à l´étranger.

 

Les miracles

On attribue à Irmã Dulce plus de 7.000 miracles, mais deux sont attestés par le Vatican, un premier a été reconnu en 2010, ce qui lui a valu la béatification l´année suivante, mais il en faut deux pour être canonisé. Depuis 2014, l´église analysait deux autres miracles attribués à Irmã Dulce, un second vient de l´être. Avec la canonisation du pape Jean-Paul II et celle de mère Teresa de Calcutta, la canonisation de Irmã Dulce est la troisième plus rapide dans l´histoire de l´église, puisqu´elle intervient seulement 27 ans après son décès.

Le premier miracle attribué à Irmã Dulce date de 2001 lorsqu´une jeune femme qui venait d´accoucher a survécu à une hémorragie qui a duré 18 heures et que rien ne parvenait à stopper. Un père curé est alors appelé à son chevet pour lui donner les derniers sacrements, ensembles ils se mettent à prier Irmã Dulce. Les saignements cessent immédiatement.

Un second miracle, dont la date n´est pas connue, lui est attribué. Cette fois il s´agit d´un jeune homme, aveugle depuis une quinzane d´années, il aurait alors prié Irmã Dulce pour se soigner d´une conjonctivite dont il souffrait depuis plusieurs jours ; non seulement il en fut guéri mais retrouva aussi la vue.

Pour que le Vatican reconnaisse un miracle il faut que certaines règles soient impérativement respectées. La première est qu´un second miracle doit arrivé après la béatification, ce qui est le cas ici. Une autre exigence veut que la science n´explique pas le phénomène, que le miracle soit instantané juste après la prière, qu´il soit parfait (non partiel) et durable.

Irmã Dulce avec le pape Jean-Paul II en juillet 1980

Irmã Dulce avec le pape Jean-Paul II en juillet 1980

Avec mère Teresa de Calcutta dans les années 1970

Avec mère Teresa de Calcutta dans les années 1970

 

Les oeuvres

Si Irmã Dulce est entrée dans les ordres à 19 ans, dès l´âge de 13 ans elle a commencé la charité. A l´époque, elle habitait le quartier de Nazaré à Salvador de Bahia, c´est là qu´elle a commencé à recevoir les mendiants des alentours, transformant la maison familiale en abri, que tous appelaient « les portes de Saint-François » tant s´y accumulaient de nécessiteux.

En 1933, elle prend possession de cinq maisons abandonnées dans le quartier de Ilha dos Ratos pour y abriter les mendiants et les sans abri. Elle en est expulsée quelques années plus tard et ce n´est qu´en 1949 qu´elle obtient un vieux poulailler attenant au couvent de Santo Antônio. Elle y installe 70 malades. Dix ans plus tard, elle fonde l´OSID (association des oeuvres sociales Irmã Dulce), et en 1960 le foyer Santo Antônio. L´OSID est aujourd´hui l´un des plus grands centres de soins entièrement gratuits du Brésil, elle accueille plus de trois millions et demi de patients en urgence chaque année (dont plus de deux millions à Salvador), avec une moyenne de 12.000 interventions chirurgicales par an dans ses unités hospitalières.

En tout, les oeuvres de Irmão Dulce comptent 21 unités qui sont focalisées sur l´assistance médicale et sociale aux plus défavorisés, la recherche scientifique, et l´enseignement médical et éducatif. L´essentiel des unités se trouve au Largo de Roma, à Salvador, sur 40.000 m², le centre compte près de 1.000 lits, avec 18.000 hospitalisations par an.

L´unité de soin de Salvador.

L´unité de soin de Salvador.

L´organisation travaille actuellement avec 4.300 professionnels, dont la moitié à Salvador. Cette unité compte 320 médecins et 125 volontaires. En une année ils ont réalisé 11.500 traitements anti-cancéreux.

Près de Salvador, l´unité de Simões Filho est dédiée à l´éducation, cycles primaire et secondaire, où étudient actuellement près de 800 enfants venants de milieux défavorisés.

L´association dirige aussi un hôpital dans l´Etat de São Paulo et administre par ailleurs trois hôpitaux publics dans l´Etat de Bahia et plusieurs unités d´accueil, dont une dans le centre historique de Salvador.

 

Le financement

Pour subvenir aux besoins de l´organisation, les oeuvres de Irmã Dulce dépendent en grande partie des versements provenants du SUS (service unifiée de santé), l´équivalent d´une sécurité sociale, dont les prélévements sont obligatoires sur les entreprises (charges) et les travailleurs déclarés. Le SUS est sous une responsabilité à trois niveaux, la fédération, l´Etat, et enfin la municipalité, ces acteurs sont chargés de repasser les contributions aux institutions et unités de santé. Ceci étant, ces versements sont rarement suffisants pour subvenir aux besoins de bon nombre d´unités.

Elles doivent alors compter sur d´autres sources de revenus, comme des accords avec divers institutions, soit au niveau d´Etat (assurances santé complémentaires, pour fonctionaires ou autres), soit du secteur privé (assurances privés de santé). Les dons sont aussi très importants et les oeuvres Irmã Dulce comptent de prestigieux donateurs au niveau international. Comme la fondation de la reine Letizia, ou encore celle de la reine Sofia d´Espagne. L´association accumule les prix et s´en voit ainsi régulièrement récompensée en dons, enfin, la vente d´accessoires à l´éphigie de Irmã Dulce, comme T.shirt, portraits, statuettes, etc, fournissent quelques ressources complémentaires.

Irma Dulce

Si dans le coeur des habitants de Bahia Irmã Dulce est une sainte depuis longtemps, c´est tout le pays qui fêtera prochainement l´avènement de cette première sainte 100% brésilienne

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