Les guerriers de la jungle

Les guerriers de la jungle

Considéré comme les meilleures troupes d´élite du monde pour les forêts tropicales, les « guerriers de la jungle » ont leur base à Manaus, au coeur de l´Amazonie. Le CIGS (centre d´instruction de guerre dans la jungle), est devenu une référence mondiale dans la formation militaire en forêt tropicale, ses recrues reçoivent un entrainement parmi les plus intenses du monde, avec des stages de survie en pleine jungle.

 

Quelle est la fonction de cette unité de la jungle ?

L´initiative de créer cette unité spécialisée date de 1964, à une époque où la surveillance des frontières et des zones forestières inexplorées était devenue une question très sensible, les militaires craignant avant tout le développement ou l´infiltration de guérillas en forêt amazonienne. Depuis, le rôle de cette unité est essentiellement la formation de combattants et d´instructeurs des différents corps d´armée, mais aussi de toutes les corporations qui peuvent avoir besoin d´expérience et d´entrainement en jungle, comme policiers ou pompiers, la formation étant aussi ouverte aux étrangers. En plus de 50 ans d´histoire, le CIGS a formé près de 6.000 militaires, dont près de 500 en provenance de l´étranger. La jungle étant un milieu hostile et inaccessible, seul des militaires spécialisés peuvent être affectés à la surveillance des frontières (principalement pour combattre le trafic de drogue), ou de sites sensibles, même privés, comme les grands chantiers, routes, barrages, sites pétroliers, mais aussi le contrôle des garimpos (sites de chercheurs d´or), des réserves indiennes. En plus de ce rôle essentiel de la formation, l´unité sert aussi à tester et faire évoluer l´armement et les équipements destinés au combat et à la survie dans la jungle, le Brésil  ayant innové dans ce domaine.

 

Quelles innovations ?

Le camouflage en est une, aussi bien ses techniques que ses tenues. On peut citer aussi l´utilisation d´animaux « exotiques » comme le buffle africain, domestiqué pour le transport de matériel, un animal robuste et dangereux, mais résistant au climat tropical et peu exigeant en soin.

Autre innovation, le fusil brésilien modèle Pará-FAL, un calibre 7,62 mm, considéré idéal pour le combat en forêt, puisqu´il permet que le projectile (plus lourd) ne soit pas dévié de son parcours par les nombreux obstacles que présente la végétation (le calibre normalement utilisé dans le monde pour les fusils d´assaut est 5,56 mm).

Machette du guerrier de la jungle.

Machette du guerrier de la jungle.

Le plus connu de l´attirail du guerrier de la jungle est la machette puisque chaque recrue reçoit celle du CIGS pour marquer son inclusion dans l´unité, un rituel militaire qui s´assimile à la remise d´une décoration. Le facão (machette) du CIGS est fabriqué en métal hyper résistant, noir matte, qui se termine en demi-lune. Sur une face est inscrit CIGS avec un numéro de série, et sur l´autre figure le nom du combattant et son immatriculation. Sur le manche du facão, on retrouve en métal doré le symbole de l´unité, il est terminé par une tête de jaguar, son emblème.

Le camouflage, une spécialité du CIGS

Le camouflage, une spécialité du CIGS

De qui dépend le CIGS, est-ce un corps d´armée autonome ?

C´est une unité de l´armée de terre brésilienne, qui dépend du commandement militaire de l´Amazonie. Ce commandement amazonien est composé de quatre brigades d´infanterie, avec presque 20.000 hommes, parmi lesquelles des unités spécialisées, comme le génie militaire ou encore les centres d´instruction, dont le CIGS. Celui-ci est un centre d´entrainement militaire à vocation guerrière, c´est lui qui prépare les militaires au combat et à la survie en forêt, ceux-ci pouvant provenir des différents corps d´armée.

 

Quel est l´entrainement ?

Il y a plusieurs type de stages et d´entrainement, dans une douzaine de catégories, avec des durées et des degrés de difficultés variables, mais qui s´insèrent tous dans un seul cours, le COS (cours d´opération dans la jungle), qui dure dix semaines. Après une série d´instructions au centre, les candidats sont mis en contact direct avec le milieu forestier, où ils apprendront les techniques de camouflage, mais aussi de natation et immersion avec arme et équipement, le maniement des armes, les techniques d´attaques surprise, mais aussi la recherche de nourriture et d´eau potable. Les conditions physiques et psychologiques des candidats sont très suivies puisqu´il s´agit d´un entrainement très éprouvant, 20% des candidats ne parviennent pas à conclure le cours. Chaque cours est limité à un maximum de 100 candidats, dont une moitié de gradés.

Buffle africain pour le transport de matériel.

Buffle africain pour le transport de matériel.

Où se fait cet entrainement ?

Il commence au siège du CIGS à Manaus et dans la zone forestière alentour, qui couvre 1.152 km² de jungle à 95 % intacte, et en bordure du Rio Negro, qui atteint plusieurs km de largeur et que les candidats doivent traverser à la nage avec leur barda. A la fin du cours, des simulations de batailles grandeurs réelles sont réalisées dans des zones de frontières en Amazonie.

homme dans l eau

l´Amazonie est un gros défi pour le Brésil ?

C´est surtout un grand défi puisque la région amazonienne compte 12.000 km de frontières terrestres et 1.000 maritimes (entre Belem et la Guyane). Plusieurs des pays frontaliers sont aussi les producteurs ou transitaires de cocaïne, Colombie, Pérou et Bolivie, un problème où l´armée doit intervenir en renfort de la police fédérale. Puis, près des deux tiers du pays se trouvent en région amazonienne, c´est le front pionnier d´un développement qui se fait au profil de l´environnement et des peuples natifs. Un gigantesque territoire donc, très difficile à contrôler.

Est-il possible de visiter le CIGS ?

A Manaus il est effectivement possible de visiter le parc zoologique du CIGS, qui est ouvert tous les jours jusqu´à 17h00 (fermé le lundi), c´est d´ailleurs l´un des lieux les plus visités de Manaus. On pénètre donc dans l´enceinte du CIGS, mais il n´est pas permis d´y visiter les installations militaires, on doit donc se limiter à la ménagerie, pas très glamour, qui abrite des espèces amazoniennes.

cigs logo

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