Le bouddhisme au Brésil : Claudia Teixeira da Silva, une brésilienne convertit au bouddhisme.

Bruno Guinard : Claudia, tu es née catholique, quand et comment s´est passée ta conversion au bouddhisme ?

Claudia Teixeira da Silva : Je suis née dans une famille brésilienne catholique, bien qu´ayant aussi dans la famille quelques personnes avec de fortes affinités avec l’Umbamba (une des religions afro-brésiliennes). D’ailleurs les catholiques de la famille les consultaient éventuellement quand ils estimaient que le catholicisme n´était pas assez complet, ou ample, pour les questions spirituelles. Mon père a donc hérité de sa mère cette volonté de vouloir faire le bien, altruisme et avec une foi aussi grande que naïve envers la tradition catholique.

J’ai fréquenté l’église avec mes parents, tous les dimanches, jusqu’à l’âge de 13 ans ; quand j’ai eu le courage d´avouer à mon père ma totale déconnexion avec l’église catholique et son message, dans laquelle je ne trouvais aucune spiritualité, ni dans le discours ni dans les écrits. J’ai donc grandi  sans une vraie religion. A l’âge de 28/30 ans ; j’ai senti un besoin de travailler ma spiritualité. J’ai alors découvert le Yoga intégral et les maîtres indiens (Yogananda, Sai Baba et Sri Aurobindo et Mere), avant de découvrir le bouddhisme.

 

BG : pourquoi tu as choisi le bouddhisme ?

Claudia Teixeira da Silva : Le bouddhisme m’a séduit tout autant que le Yoga intégral par l’idée que la spiritualité est en nous, que nous sommes spirituels et qu’il n’y a rien d’extérieur à conserver.  Le développement du monde intérieur, sa compréhension et sa découverte comme le vrai but de la religion. Et enfin, le fait que la religion est un instrument d’évolution spirituelle qu´il faut abandonner quand on a trouvé son chemin. Ainsi la religion n’est pas l’objectif mais un instrument pour avancer vers la spiritualité. Bouddha nous propose des enseignements et nous invite à les tester, à les mettre en pratique, à agir dans le monde et les rejeter s’ils ne sont pas efficaces ou utiles. Une attitude rationnelle unique dans ce domaine, le développement d’une vision critique. Les notions comme l´impermanence et l´indivisible, ont très vite donné une autre dimension à ma vie.

Je dirais enfin, qu’avoir un Lama brésilien, Lama Padma Samten, qui comprend si profondément le Bouddhisme et propose un regard bien plus ample, a aussi changé ma vie.

Lama Padma Samten

 

BG :  face à la montée d´une certaine intolérance religieuse au Brésil, le bouddhisme a-t-il de l´avenir dans ce pays ?

Claudia Teixeira da Silva : Le bouddhisme au Brésil a bonne presse et est couramment associé au bien-être, à la méditation, au pacifisme et à la compassion. Il est aussi souvent  perçu comme une philosophie (pour encourager le développement d’une vision critique et ouverte de soi) plutôt qu’une religion. Au Brésil le bouddhisme non ethnique (asiatique) est encore très élitisé et d´accès difficile pour la population d’une manière générale. Les centres bouddhistes se situent dans les quartiers chics des villes et les enseignements de Bouddha encore très hermétiques. Le bouddhisme, et c´est là une petite critique, est très timide, voir absent dans les interventions sociales et reste encore dans le domaine individuel. Ainsi, je pense que le bouddhisme au Brésil continuera à excercer un changement intérieur des êtres, avec tous les bénéfices que cela apporte, mais en restant très timide et en marge des grands débats de société.

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