Le plus grand coq du monde

Le plus grand coq du monde
Le plus grand coq du monde

En termes de coqs, le Brésil joue dans la basse-cour des grands. Le pays détient en effet le record du monde des plus grands coqs, avec cette année un spécimen qui mesure 1m26 (photo en haut de page). L’animal appartient à la race brésilienne Indio Gigante, une espèce obtenue par le croisement de races de combat, comme les Combattants Malais et les Shamo Japonais. Le record de taille était jusqu’ici de 1m24. C’est un éleveur de São Paulo qui le détient, il possède également une poule de cette même  race qui mesure 1m09, une taille exceptionnelle pour une femelle, qui normalement se situe plutôt entre 85 cm et 1m.

 

Ici des poules de la race Indio Gigante.

Ici des poules de la race Indio Gigante.

Question : cette race existe depuis combien de temps au Brésil ?

Bruno Guinard : il s’agit d’une race créée au Brésil dans les années 80, mais on a commencé à en parler plus sérieusement au début des années 2000. Le nom Indio Gigante, veut dire Indien Géant, sans doute une référence à l’origine des races asiatiques qui, par croisement, ont permis d’obtenir ce gallinacé gigantesque. Parmi ces races asiatiques, on compte le Combattant Malais, qui malgré son nom est originaire du Pakistan, et le Shamo Japonais. Ces coqs ont été croisés au Brésil avec poules fermières de grande taille, elles mêmes issues de divers croisements de poules européennes.

Question : Quel était le but de ces croisements ?

BG : à la base, on pensait surtout à la viande, le but était d’obtenir des animaux très rustiques et bien en chair. Ce qui est le cas, puisque cette race est d’un élevage très simple et qu’un poulet atteint 3 kg au bout de quatre mois. Puis on s’est aperçu en fixant la race, qu’un coq d’une telle taille éveillait un grand intérêt comme oiseau d’ornement. Des concours de taille se sont organisés et des éleveurs se sont spécialisés sur la création de souches et d’étalons, aujourd’hui vendus des petites fortunes.

Ci-dessus deux éleveurs montrant leur coq géant.

Ci-dessus deux éleveurs montrant leur coq géant.

Question : et pas pour les combats de coqs ?

BG : les jeux ou combats d’animaux sont interdits au Brésil depuis 1934, c’est pour cela, par exemple, qu’il n’y existe pas de delphinarium ou de corrida ; mais il y a quelques exceptions, comme les vaquejadas (rodéos), ou courses de chevaux, qui sont acceptés car on considère que les animaux n’y sont pas maltraités.  Les combats de coqs, qui étaient très populaires, surtout dans le Nordeste, ont donc été interdits, même si les jeux clandestins ont continué. Pour essayer d’y remédier, en 1961 une nouvelle loi est venue renforcer celle de 1934, elle a interdit les rings de combats de coqs. La loi de 1934 parlaient des animaux mais pas des infrastructures, beaucoup de rings étaient ainsi restés en place, et on y organisait des combats clandestins.

Mais, cette race brésilienne étant issue de coqs de combat, elle pourrait aussi être appréciée pour ses qualités sportives. Certains organisateurs de combats de coqs étrangers, principalement asiatiques, ont d’ailleurs déjà démontré leur intérêt pour le Indio Gigante brésilien. Il faudra alors créer une nouvelle catégorie de lutteurs, celle des coqs Sumo peut-être…

 

Question : quels sont les caractéristiques et les standards de la race ?

BG : les coqs mesurent plus de 1m, les poules entre 85 et 90 cm, mais certains sujets dépassent ces tailles, comme on l’a vu plus haut. Ces oiseaux se tiennent à la verticale, sont très musclés et hauts sur pattes. La couleur du plumage est variée, dans les concours c’est la taille qui importe. La taille adulte est atteinte vers 6 ou 7 mois, un coq peut alors peser 6 kilos, mais on a vu des spécimens allant jusqu’à 8 et des poules autour de 5 kg.

Question : y-a-t-il beaucoup d’éleveurs et combien coûte un coq champion ?

BG : il y a actuellement une cinquantaine d’éleveurs officiels au Brésil, et certainement un bon nombre d’amateurs qui l’élève comme oiseau d’ornement. Il n’y a pas de prix fixes pour cette volaille, tout dépend du stage où on l’achète. Le poulet par exemple, ne se vend pas plus cher qu’un poulet normal, dit poulet fermier, le seul avantage c’est qu’un seul animal fourni plus de chair qu’un poulet normal. Par contre, pour les reproducteurs, on sait qu’au dessus d’un mètre, chaque centimètre supplémentaire vaut environ 300 Euros. Dans le concours 2017, pour le gagnant qui s’appelle Voodoo (photo en haut de page), son propriétaire a refusé des offres de 50.000 Euros pour son champion. Pour un sujet non champion mais de bonne souche, les prix varient de 800 à 1.000 Euros pour un coq, mais peut atteindre 8 à 9.000 Euros si la taille dépasse les 1m18.

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