Le Brésil en train

C’est la seule ligne régulière de train du pays (en dehors des trains de banlieue), elle relie deux capitales d’Etat, Belo Horizonte et Vitória. Le trajet de 664 km dure 13 heures, les voitures sont neuves et un wagon restaurant est à disposition. Il s’agit d’une ligne inaugurée en 1907, la seule à avoir survécu jusqu’à nos jours.

Trajet du chemin de fer entre les Etats de Minas Gerais et Espírito Santo.

Question : combien y-a-t-il de trains par jour ?

Bruno Guinard : il y a deux départs par jour, le matin, un train dans chaque sens. Un départ de Belo Horizonte à 7h30 et un départ de Cariacica (banlieue de Vitória) à 7h00. L’arrivée à Vitória est prévue à 20h30 et à 20h00 à Belo Horizonte.

Question : inaugurée en 1907, c’est donc une ligne historique ?

BG : c’est surtout la seule qui soit toujours en service, les autres grandes lignes de train ont été désactivées, comme celle qui faisait le trajet Rio-São Paulo, ou alors très réduites, comme le fameux train de la mort qui relit le Brésil à la Bolivie, mais aujourd’hui seulement depuis la frontière (en fait tout le trajet se fait en Bolivie). Il existe toujours quelques trains, mais les départs ne sont pas réguliers et il s’agit de lignes touristiques, les plus connues sont celle de Curitiba à Paranaguá, ou encore la Maria Fumaça, nom de la locomotive d’un autre âge qui fait le trajet entre São João del Rey et Tiradentes (Minas Gerais).

Le train entre Belo Horizonte et Vitória.

Question : les lignes ne sont pas rentables ?

BG : très tôt le Brésil a fait le choix des routes au lieu des chemins de fer, et cela s’est beaucoup accentué à partir des années 1960. Aussi bien le transport des marchandises que celui des personnes se fait donc essentiellement par camions et autocars. En revanche, certaines lignes de train ont été créées, et d’autres aménagées, pour le transport de la production minière et agricole. C’est le cas de cette ligne entre Belo Horizonte et Vitória, elle sert avant tout au transport du minerai de fer, qui est acheminé du Minas Gerais vers le port d’exportation sur l’océan Atlantique. C’est d’ailleurs sur cette ligne que circule le plus long train du monde, avec 320 wagons, chargés en général d’acier et de minerai, mais aussi de soja. Cette ligne industrielle est donc rentable et c’est pour cela qu’elle a pu maintenir ses trains de passagers.

A la base, ces trains servaient d’ailleurs au transport des employés de la société minière et de leurs familles. Aujourd’hui ils sont accessibles à tous et transportent près d’un million de personnes chaque année. La compagnie a récemment investi dans des trains neufs, avec des voitures confortables et bien équipées, climatisation, écran TV, insonorisation, Wi-Fi, prises…

Intérieur d’une voiture 1ère classe.

Question : c’est donc une compagnie privée ?

BG : oui, cette ligne est appelée Estrada de Ferro Vitória Minas (EFVM) et c’est une concession de la société minière Vale do Rio Doce, l’une des plus grosses du monde et première multinationale du Brésil. C’est aussi la première entreprise du pays en logistique, elle possède plus de 2.000 km de chemin de fer minier ainsi que 9 terminaux maritimes au Brésil. Cette ligne commerciale pour des passagers fait figure de joujou dans les activités du groupe.

 

Question : il y a pourtant une forte demande ?

BG : un million de voyageurs par an c’est en effet important dans un pays où le train est quasi inexistant. Mais il faut comprendre aussi que cette ligne est assez particulière, d’abord elle a été créée il y a plus de cent ans et si elle s’est maintenue jusqu’ici c’est surtout parce-que c’est autour d’elle que s’est développée toute l’activité minière de la région ; de plus, il s agit d’une géographie difficile, terrain accidenté, montagnes et canyons, les routes y sont sont donc très dangereuses. Enfin, le Minas Gerais est un Etat riche, mais sans sortie sur l’océan, c’est donc cette ligne de train qui lui permet d’écouler une bonne partie de sa production, une dynamique s’est développée grâce à tous ces facteurs.

 

Question : et le tourisme ?

BG : la côte de l’Etat de Espírito Santo est très fréquentée par les habitants du Minas Gerais, c’est un peu leur littoral, beaucoup utilisent donc cette ligne de train pour s’y rendre, c’est plus rapide et moins dangereux que l’autocar. Les classes plus aisées prennent l’avion, mais il existe aussi la curiosité de faire un voyage en train, comme les wagons sont confortables et que le trajet passe par une grande diversité de paysages et de villes, il y a un attrait touristique certain.

Question : et le côté pratique, les billets, etc ?

BG : départ tous les jours de l’année, il est préférable de réserver, surtout en période de vacances (de décembre au carnaval), les fériés et week-end. Cela peut se faire directement sur le site de la compagnie www.vale.com/tremdepassageirosefvm.

Informations par téléphone, gratuit au 0800 285 7000, ou encore 31-3279 4389.

On peut aussi acheter les billets en gare de Belo Horizonte ou Cariacica (Vitória), ou dans l’une des gares du trajet, il y en a trente.

Une pièce d’identité est exigée pour monter dans le train et les bagages sont limités à 35 kg par personne. Il existe deux classes, la Executiva (classe affaire), 105,00 Reais (environ 30 Euros au cours actuel) l’aller simple par personne, et la classe Econômica, 73,00 Reais (environ 20 Euros) l’aller simple par personne.

Gare de Belo Horizonte.

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