Les chutes de l’Iguaçu, l’incontournable visite

Les chutes de l’Iguaçu, l’incontournable visite
Les chutes de l’Iguaçu, l’incontournable visite

Après Rio de Janeiro c’est le site touristique le plus visité au Brésil, et pour cause, c’est l’un des plus beaux spectacles de la nature. Alors, si l’on doit se limiter à un seul site naturel pendant son séjour, il n’y a même pas à réfléchir, les chutes de l’Iguaçu seront toujours le meilleur choix. Faciles d’accès, avec de nombreuses possibilités d’hébergements et de visites, c’est une étape aussi facile, qu’époustouflante. Mais attention il y a de meilleurs moments que d’autres pour en profiter…

La Garganta do Diabo (gorge du diable).

La Garganta do Diabo (gorge du diable).

Question : on dit « les chutes de l’Iguaçu » et non pas « les chutes d’Iguaçu » ?

Bruno Guinard : les chutes se trouvent sur la rivière Iguaçu, il est donc correct de dire « les chutes de l’Iguaçu ». Mais la ville principale la plus proche, où se trouve l’aéroport, s’appelle Foz do Iguaçu, qui veut dire « embouchure de l’Iguaçu », que l’on abrège par Iguaçu. Il y a donc de nombreuses possibilités avec ce nom, et d’ailleurs on le trouve aussi avec deux S, Iguassu, ou encore avec un Z, Iguazú, en espagnol. Comme il s’agit d’un mot indigène de la langue guarani, à la base il n’avait pas d’orthographe, on peut donc accepté plusieurs versions. Iguaçu en guarani veut dire « grande eau ».

Question : on dit parfois que les chutes ont été affectées par la construction d’un barrage.

BG : c’est une grosse bêtise, les chutes se trouvent sur la rivière Iguaçu et le barrage d’Itaipu a été construit sur le fleuve Paraná, il n’a donc aucune incidence sur la rivière Iguaçu. Les chutes sont à la fois en amont du fleuve Paraná et de la ville de Foz do Iguaçu, elles sont donc parfaitement intactes de toute intervention humaine. La rivière Iguaçu se jette dans le Paraná aux abords de la ville de Foz do Iguaçu (voir carte en bas de texte). De plus, les chutes sont dans une zone protégée qui est le Parque Nacional do Iguaçu, créé en 1939, alors que le barrage d’Itaipu a été construit entre 1975 et 1982. Le barrage d’Itaipu est d’ailleurs devenu une visite touristique, pour ceux qui aiment les mégas réalisations technologiques, c’est le barrage qui produit le plus d’énergie par an dans le monde (103.098.366 MWh en 2016). Pour se faire une idée de sa puissance, il possède 18 turbines, et toute l’eau des chutes de l’Iguaçu ne suffirait qu’à en faire fonctionner une !

Le barrage d’Itaipú, les déversoirs.

Le barrage d’Itaipú, les déversoirs.

Question : quelle est la meilleure saison pour visiter les chutes de l’Iguaçu ?

BG : on peut y aller toute l’année et à moins d’une sécheresse exceptionnelle, il y a toujours de l’eau dans les chutes. Il est vrai qu’en hiver, c’est à dire juin, juillet et août, il y pleut moins. Mais ça ne veut pas dire que les chutes sont sans eau. Pendant les mois de printemps et d’été, c’est à dire de septembre à janvier, les pluies sont plus fréquentes et comme les températures y sont plus élevées, beaucoup choisissent cette période pour y aller. Mais l’été, décembre, janvier et février, c’est aussi la saison des congés au Brésil et en Argentine, il y a par conséquent beaucoup plus de monde sur le site. Il faut savoir que c’est un site très visité, il est donc recommandé de vérifier les jours feriés locaux (Argentine et Brésil), car s’il s’agit d’un week-end prolongé il risque d’y avoir beaucoup de visiteurs. L’idéal serait donc de visiter les chutes en semaine et en dehors des périodes de congés locaux.

Question : donc pas question d’avoir les chutes pour soi tout seul ?

BG : et bien si, en tout cas presque tout seul. Mais cela implique de séjourner dans les hôtels du parc, là il n’y a pas grand choix, un seul de chaque coté de la frontière. Ces deux hôtels n’étant pas bon marché, ce ne sont pas tous les visiteurs qui peuvent se les offrir. A cela s’ajoute qu’ils sont souvent complets. Mais le gros avantage, c’est qu’il y a des horaires pour accéder au parc, de 09h00 à 17h00. Cela veut dire que si on s’héberge dans le parc, il suffit de se lever tôt pour aller voir les chutes avant l’arrivée des touristes. Après 09h00 c’est fini la tranquilité, sauf hors saison, où, comme expliqué plus haut, c’est moins encombré. Je précise qu’il n’y a pas de camping dans le parc (seulement pour les scientifiques et gardes forestiers) et qu’il est très surveillé, de plus, comme on est comptabilisé à l’entrée en prenant son billet, il est inutile d’essayer de s’y cacher !

Vue d’une partie des chutes avec l’hôtel das Cataratas, coté brésilien.

Vue d’une partie des chutes avec l’hôtel das Cataratas, coté brésilien.

Question : combien coûte l’entrée ?

BG : il y a des tarifs différents suivant la nationalité, puis des forfaits et des passes pour les locaux. Actuellement, une entrée adulte est de 21,00 dollars. Les nationalités du Mercosul (marché commun du cône sud) payent 17 dollars par adulte, les Brésiliens 4,00 dollars, pour les enfants de 2 à 11 ans c’est 3 dollars, quelque soit leur nationalité, gratuit pour les moins de deux ans, et même tarif que les enfants pour les plus de 60 ans, mais uniquement brésiliens ! Ces tarifs comprennent le transport depuis l’entrée du parc jusqu’aux chutes. Il faut donc se débrouiller pour aller jusqu’à l’entrée du parc si on est logé en dehors ; depuis certains hôtels on peut y aller en marchant ou en bus, d’autres ont des navettes. Tout cela est très bien organisé sur place, c’est un des rares endroits du Brésil ou ça marche aussi bien. Du coté argentin, le parc est ouvert de 8h00 à 18h00, mais l’entrée n’est plus autorisée après 16h30. Bien entendu, dans les deux cas si on séjourne dans les hôtels du parc on peut sortir en ville le soir, l’entrée reste ouverte pour les clients des hôtels du parc. Attention, le prix des entrées au parc est plus élevé du coté argentin, il sera de 32 dollars pour un adulte, 25 dollars pour les visiteurs Mercosul, et 16,00 pour les Argentins. Pour les enfants, gratuit jusqu’á 6 ans, ensuite c’est 8 dollars jusqu’à 12 ans, Mercosul 6,00 dollars et Argentins 5,00. Pour les Argentins habitants de la région et retraités, le tarif est de 3,00 dollars.

Ces prix sont donnés à titre d’exemple et basés sur le taux de change actuel du dollar et du Real et Peso argentin. 

Question : tu conseilles de séjouner de quel coté ?

BG : sans hésitation du coté brésilien et cela pour deux raisons. La première, c’est qu’on y a une meilleure vue des chutes, surtout panoramique, et la seconde car l’hôtel du coté argentin (dans le parc) est beaucoup moins glamour que celui qui se trouve du coté brésilien. Ceci dit, la visite du coté argentin est une autre expérience, on y découvre les chutes de plus près, en tout cas les plus petites, celles qui alimentent l’essentiel des 275 chutes du site. Il faut savoir que 80% des chutes se trouvent du coté argentin, mais c’est depuis le Brésil qu’on a la vue d’ensemble. Par contre, pendant la visite coté argentin, il ne faut pas manquer de faire le détour (il se fait en voiture en se rendant à l’entrée du parc) à la Garganta del Diablo, ou Garganta do Diabo en portugais (gorge du diable), qui est la plus profonde et puissante de toutes ; on y accède par une passerelle qui serpente au-dessus de la rivière Iguaçu, sur environ 1 km et demi. Enfin, je conseille aussi de faire très attention à son sac, il y a des petits voleurs à quatre pattes, qu’on appelle Coatis, ils ne craignent rien ni personne et font beaucoup de dégâts si on les laisse faire, leurs attaques se font surtout dans les petites buvettes installées près des chutes.

Coati s’approchant d’un sac aux abords des chutes coté brésilien.

Coati s’approchant d’un sac aux abords des chutes coté brésilien.

Une carte pour mieux comprendre la région :

Sur cette carte on voit les trois pays, Brésil à droite, Paraguay à gauche, Argentine en bas. Le rio Iguaçu fait la frontière entre le Brésil et l’Argentine, où l’on voit l’emplacement des chutes (cataratas do Iguaçu). Le rio Paraná, sépare ces deux pays du Paraguay. En vert c’est le parc qui est bi-national (Brésil-Argentine). En bleu pâle la petite ville de Puerto Iguazú du coté argentin. En rose, la Ciudad del Este, ville paraguayenne et zone franche, avec de l’autre coté du fleuve, en jaune pâle, Foz do Iguaçu, la ville brésilienne. En haut de la carte en bleu le lac artificiel d’Itaipu, créé par la barrage (represa de Itaipu).

 

A suivre : Foz do Iguaçu et ses environs (infos pratiques).

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