Fièvre jaune, pas de panique mais vaccin recommandé.

Campagne de vaccination au Brésil
Campagne de vaccination au Brésil

Le Brésil enregistre à ce jour 222 cas confirmés de fièvre jaune, avec 77 morts dont 69 rien que dans l’Etat de Minas Gerais. Par ailleurs des milliers de cas suspects sont en cours d’analyse. C’est la première fois depuis les années 40 que le pays connait un tel nombre de cas, les autorités se veulent rassurantes, et l’OMS alerte sur les risques d’étendue de l’épidémie aux pays voisins. En effet, près de 2.000 cadavres de singes, dont la mort par la fièvre jaune est confirmée, ont été trouvés dans les régions frontalières…

Cadavre de singe analysé dans un laboratoire brésilien.

Cadavre de singe analysé dans un laboratoire brésilien.

Pour le moment, ces cas de fièvre jaune concernent essentiellement les zones rurales. C’est ce qu’on appelle ici la transmission « silvestre », c’est à dire entre les singes et les moustiques, ces derniers la transmettant aux humains. L’infection ne passe pas du singe à l’humain, c’est seulement le moustique qui la transmet, mais cela ne semble pas être compris par tout le monde. Dans plusieurs zones du pays où l’on fait état de fièvre jaune, des singes ont été massacrés par des travailleurs ruraux et forestiers. De nombreux cadavres sont retrouvés aux abords des routes et lisières de forêts. Ceci inquiète les biologistes et écologistes, car de nombreuses espèces devenues rares, telles que des atèles, des callicèbes, des ouistitis, des singes-hurleurs et capucins risquent tout simplement l’extinction. Il s’agit principalement d’espèces de la Mata Atlântica, cette forêt tropicale côtière, dont il ne reste que 7% de ce qu’elle était à l’origine, et cela en poches éparses où ces espèces ont déjà beaucoup de mal à survivre.

La fièvre jaune n’a pas encore atteint les grands centres urbains, l’infection n’est donc pas considérée urbaine, ce qui serait bien plus inquiétant. Ceci dit, des cas suspects semblent avoir été repérés à Belo Horizonte, la capitale de l’Etat du Minas Gerais. Les autorités sanitaires du pays ont envoyé cinq millions de vaccins dans les zones touchées, la moitié a déjà été utilisée à titre de prévention, ce qui devrait permettre d’éviter une épidémie à grande échelle dans la zone de cet Etat. Par contre, des cas ont été recensés dans les Etats voisins, principalement à Rio de Janeiro et Espirito Santo, le sud de Bahia, le nord de São Paulo et zones plus éloignées au Mato Grosso do Sul, Paraná (deux Etats frontaliers), Goias et Tocantins (voir carte ci-dessous).

En rose pâle les zones à risque en 2013. En orange celles en janvier 2017. En rouge les zones avec cas confirmés. En bleu les zones avec des cas suspects en cours d’analyse.

Pour les visiteurs et touristes, il n’y a pas de craintes à avoir s’ils ne se rendent pas en zones rurales ou forestières des zones présentées ci-dessus, la fièvre jaune au Brésil étant absente des villes depuis 1942. Bien entendu, il n’est pas exclu qu’elle y revienne, comme on l’a vu plus haut car des cas suspects sont en cours d’analyse. En zone forestière l’infection est transmise par un type de moustique, le haemagogus, en zone urbaine ce serait le aedes aegypti, celui-là même qui transmet la zika, la dengue et la chikungunya !

Campagne de vaccination au Brésil

Campagne de vaccination au Brésil

La fièvre jaune peut se manifester de façon légère, c’est à dire par des nausées, des douleurs musculaires et des vomissements, ou sous une forme plus agressive et même mortelle, avec coloration jaune de la peau et des yeux, urines foncées, insuffisance rénale et d’autres organes, tel que le foie.

La prévention se fait tout simplement par vaccin, qui doit être administré au moins dix jours avant le séjour en zone à risque. Jusqu’ici le Brésil ne demande aucune vaccination pour l’entrée dans le pays, mais certains pays de l’Amérique du Sud l’exigent, c’est le cas de la Colombie, de l’Equateur, de la Bolivie, du Suriname, du Guyana, de la Guyane française, et du Paraguay. Devant la situation actuelle du Brésil, d’autres, comme le Pérou ou le Vénézuela, pourraient très bientôt l’exiger pour les Brésiliens et tous les passagers en provenance de ce pays. Il est donc recommandé d’être vacciné et d’être muni de son carnet de vaccination si l’on pense aussi se rendre dans un pays voisin du Brésil.

 

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