Les trois femmes de la semaine…

Les trois femmes de la semaine...
Les trois femmes de la semaine...

Elles ont toutes les trois porté, ou porteront toujours, le titre de reine et ont beaucoup fait parler d’elles ces derniers jours. L’une défile sur les podiums du monde entier, l’autre est l’éternelle déesse de la mer, la troisième décède à peu près aussi discrètement qu’elle a vécu… Ces trois femmes sont : Raïssa Santana (photo en haut de page), Miss Brésil 2016 et candidate à Miss Univers 2017, la seconde est Yemanjá la déesse afro-brésilienne de la mer, fêtée en grande pompe ce 02 février à Bahia, enfin, Marisa Leticia, l’épouse de l’ex président Lula, décédée ce 03 février… 

Statue de Yemanjá la déesse de la mer sur une plage de Bahia.

Statue de Yemanjá la déesse de la mer sur une plage de Bahia.

Madame Marisa Leticia était l’épouse de Lula, l’ex président du Brésil et fut la première dame pendant les huit ans de mandat de son mari. Décédée ce vendredi 03 février des suites d’un AVC, elle avait 66 ans. Fille d’émigrés italiens de la province de Bergamo, elle était la compagne de Lula depuis ses débuts, quand il était encore au syndicat des métallurgistes à São Bernardo do Campo, ville industrielle près de São Paulo. Mariée et maman d’un petit garçon à 19 ans, elle perd son premier époux juste après la naissance de son fils. Quatre ans après elle rencontre Lula au syndicat des métallurgistes, quelques mois plus tard ils se marient, ils auront trois enfants. Marisa n’aimait pas la politique, mais elle a toujours combattu aux cotés de Lula. En 1975, en pleine dictature militaire, Lula devient président du syndicat des métallurgistes, Marisa part alors à la conquête des femmes ouvrières pour les persuader de se syndicaliser et renforcer ainsi le mouvement syndicaliste, à l’époque la seule opposition au régime militaire. En 1980, Lula est emprisonné pour les grèves qu’il organise. Marisa prend alors la tête d’un mouvement de femmes qui militent pour les droits syndicaux. Le 10 février de cette même année, Lula fonde le Parti des Travailleurs (PT) et c’est Marisa qui fabrique sur sa machine à coudre le premier drapeau du parti. On la verra aux cotés de Lula pendant toute sa présidence, mais jusqu’en 2006 elle ne participe pas aux campagnes politiques de son mari. Cette année, Lula est en ballotage pour le second tour de la présidentielle, elle décide alors de l’appuyer publiquement, et Lula sera réélu. Bien que très discrète, elle n’est pourtant pas une femme qui vit dans l’ombre de son mari président, elle participe activement à l’organisation de ses meetings et déplacements, c’est elle enfin qui, en bonne mamma italienne, veille à ce que tout se passe bien dans la famille.

Marisa Leticia épouse de Lula.

Marisa Leticia épouse de Lula.

 Sa mort ce vendredi 03 février, prend tout le monde de court, ses proches mais aussi ses détracteurs puisque depuis deux ans Marisa Leticia est accusée par la justice d’avoir participé à des détournements de fonds et abus de biens publics. Elle répondait à deux procès, ce qui, selon Lula, l’aurait beaucoup affecté et indirectement causé sa mort. Ses obsèques, à São Bernardo do Campo, sa ville natale, ont donc été des plus mouvementés. La foule, largement composée de fidèles du PT et des syndicats, s’est violemment opposée à la présence de l’équipe de la TV Globo, principale chaine du pays et ouvertement anti Lula et PT. C’est ainsi que Marisa Leticia a tiré sa révérence sans la principale couverture médiatique du pays.

Offrandes de fleurs sur la plage du Rio Vermelho à Salvador de Bahia, et Yemanjá.

Offrandes de fleurs sur la plage du Rio Vermelho à Salvador de Bahia, et Yemanjá.

Yemanjá (ou Iemanjá) est certainement la divinité du candomblé la plus chérie du Brésil. En Afrique, dans la mythologie yorouba (Nigéria et Bénin) elle est la déesse du fleuve, de l’eau douce, où il existe sept versions de la déesse. Dans son odyssée nigérianne, on lui prédit qu’un jour elle partirait vers l’ouest. Sage prédiction puisque, venue avec les esclaves, c’est au Brésil qu’elle fait probablement sa plus brillante carrière.

Presque oubliée en Afrique, elle fait l’objet d’un véritable culte au Brésil, et pas seulement dans le candomblé. D’autres religions animistes et syncrétiques, comme l’Umbanda, l’ont adopté comme l’une des divinités principales. Mais c’est sans doute chez les non adeptes de ses religions qu’elle a le plus d’admirateurs ! Rien qu’à Salvador de Bahia, c’est plus d’un million de personnes qui ont assisté à la fête qui lui est dédiée le 02 février. Cette date à Bahia est le jour où l’on fait ses offrandes, on dépose alors des fleurs et tout ce qui peut plaire à une femme coquette, parfums, produits de beauté, bijoux fantaisies, etc. Tout cela est entassé dans de gigantesques corbeilles. En fin d’après-midi, ces offrandes sont chargées sur des bateaux pour être déposées au large. On peut aussi lancer ses offrandes directement depuis la plage, principalement des fleurs que l’on jette dans les vagues. Si elles sont englouties dans les flots c’est un bon présage, si elles sont rejetées sur la plage c’est que les voeux ne seront pas exaucés, ou que l’année sera mauvaise…

Si en Afrique Yemanjá est une matronne aux seins généreux, au Brésil c’est la divinité qui s’est le plus latinisée. C’est une femme svelte aux longs noirs et à la peau bronzée, à la silouette bien proportionnée et très sensuelle, elle pourrait être le modèle idéal des Brésiliens, et c’est peut être pour cela qu’on l’aime tant…

Ce n’est pourtant pas Yemanjá qui a représenté le Brésil au dernier concours de Miss Univers, mais une créature en chair et en os, Raïssa Santana, la Miss Brésil 2016. Il y a pourtant comme un air de famille entre les deux, Yemanjá serait Bahianaise, après avoir été africaine, Raïssa aussi est de Bahia. Comme Yemanjá elle est partie très loin, Raïssa vers le sud du Brésil, et comme la déesse elle porte l’Afrique en elle. Raïssa, comme Yemanjá, séduit un large public, et même si elle n’est arrivée que 13ème au classement de Miss Univers 2017, elle a remporté celui de Miss Brésil en 2016, et cela faisait trente ans qu’une candidate afro n’y étaít parvenue !

Raïssa Santana et Yemanjá.

Raïssa Santana et Yemanjá.

Ce soir du 29 janvier 2017, tous les regards du Brésil étaient tournés vers Manille et toutes les prières et offrandes dédiées à la candidate Raïssa Santana, Miss Brésil 2016. Cette fois elle ne sera pas couronnée Miss Univers, mais le Brésil ne lui en veut pas, Raïssa a été leur reine d’un soir. A son retour au Brésil Raïssa s’excusera de ne pas avoir ramené la couronne 2017, « moi aussi j’en rêvais » dira-t-elle, avant d’ajouter « Tous en rêvaient et j’y croyais, mais il faut aussi respecter le rêve de chacune des filles qui y étaient. Maintenant, avec toute la simplicité que dieu m’a donné, qu’il me permette de continuer, de retourner à activités, et de poursuivre mes rêves ».

Raïssa a aujourd’hui 30 ans, elle est aussi basquetteuse… Et si elle nous ramenait une médaille olympique de Tokyo en 2020 !?

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