L’Amazonie au fil de l’eau

L’Amazonie au fil de l’eau
L’Amazonie au fil de l’eau

La région amazonienne du Brésil, avec quatre millions de km², représente 59% du territoire national. C’est le plus grand bassin hydrique du monde, formé par le Rio Amazonas et ses milliers d’affluents. Sur ce « continent » d’eau et de forêt les routes sont quasi inexistantes, et seules les grandes villes sont desservies par avion ; il ne reste plus que la voie fluviale pour que survivent les communautés les plus éloignées, qui forment la moitié des 17 millions d’habitants que compte cette immense région, la plus vaste du pays.

La banque

La banque

La première chose qui interpelle le visiteur en région amazonienne, c’est l’eau. Avec 22.000 km de voies d’eau navigables, elle est partout, les fleuves bien sûr, mais aussi les bras de rivières, connus ici comme igarapés, puis les lagunes et les terres inondables. On en oublie presque la forêt, qui, il faut le redire, diminue chaque année un peu plus en raison du déboisement. Elle aussi a les pieds dans l’eau, en tout cas une bonne partie de l’année. La forêt du bassin de l’Amazone est inondée de juin à septembre, résultat de la saison des pluies qui s’étend de février à mai et du faible dénivelé, qui est de 80 m en moyenne, depuis l’entrée de l’Amazone au Brésil (frontière du Pérou) et son embouchure. Il serait d’ailleurs plus juste de parler de saison de fortes pluies, car même en saison « sèche » il pleut au moins une fois par jour, souvent la nuit, ou en fin d’après-midi, pour rafraîchir quelques instants… Les Amazoniens aiment à dire aux visiteurs étrangers, qu’ici il n’y a que deux saisons, l’hiver et l’enfer, tant l’été est chaud.

Transport scolaire

Transport scolaire

Avec autant d’eau et une démographie de 4,4 habitants au km², la plus faible du pays (à titre de comparaison, la Lozère, département le moins peuplé de France, a 15 hab. au km²). Dans un tel contexte, il est évident que l’accès aux services de base, écoles, hôpitaux, administrations, banques, postes, etc, pose un réel problème. La seule solution c’est le bateau, c’est lui qui va vers les populations isolées en y amenant les services de base, qu’ils soient publics ou privés. On trouve ainsi des bateaux supermarchés, des bateaux écoles, des bateaux dispensaires, des bateaux tribunaux, et tout ce dont la population peut avoir besoin. Même les stations services d’essence se trouve sur l’eau, et que dire de la Poste, qui se bat chaque jour pour éviter les lenteurs dans la distribution du courrier. Même le Père Noël a remplacé son traineau et ses rennes par un bateau !

La découverte touristique de l’Amazonie se fait aussi en bateau. Même s’il existe des lodges un peu partout le long de l’Amazone et du Rio Negro, c’est toujours en bateau qu’on se déplace et qu’on accède aux sites les plus spectaculaires. Aujourd’hui, de nombreux bateaux sont équipés pour le tourisme et propose des cabines et des services dans toutes les gammes, de la plus simple à la plus luxueuse.

Le Père Noël amazonien

Le Père Noël amazonien

Quant au transport des personnes, là aussi c’est le bateau. Toutes les villes amazoniennes sont reliées par des lignes régulières, la plupart étant des compagnies privées. Les plus connues sont celles qui font les longs trajets, par exemple entre Manaus et Belem, 1650 km et quatre jours de bateau. C’est le transport populaire utilisé par une immense partie de la population qui ne peut se payer l’avion. Le bateau s’arrête dans toutes les villes qui bordent le fleuve, Santarem étant la principale sur l’Amazone entre Manaus et Belem. Le couchage se fait dans des hamacs, il y a des toilettes et des douches à bord (très rustiques), des petits-déjeuners et des repas sont vendus à bord, là encore c’est basique.

Dispensaire.

Dispensaire.

Si on choisi d’exploirer la région en dehors du grand axe Manaus-Santarem-Belem, toujours en bateau bien sûr car c’est le seul moyen d’aller partout, il faut savoir que l’on dénombre plus de 1100 rivières reliées au fleuve Amazone. Ses principaux affluents sont le Rio Negro, il descend du Vénézuela et de la Colombie, avec « seulement » 1700 km de long, c’est l’un des plus connus car il arrose Manaus. Le Rio Javari, vient lui du Pérou et coule vers l’est du Brésil, il marque la frontière entre les deux pays sur 1180 km. Parmi les plus longs affluents du coté brésilien, il faut citer le Rio Juruá avec 3283 km, le Rio Purus avec 3325 km, ou encore le Rio Madeira avec 3240 km. Des longueurs à donner le vertige ! Par les affluents on peut rejoindre les pays voisins, Colombie et Pérou par la ville frontière de Tabatinga (1105 km de Manaus et 5 jours de bateau !). Il s’agit ici d’une triple frontière, avec d’un coté Leticia en Colombie et Santa Rosa au Pérou, c’est de là qu’on peut descendre l’Amazone jusqu’à Iquitos (625 km de la frontière).

Enfin, il est important de savoir qu’au Brésil le fleuve Amazone ne prend ce nom qu’à partir de Manaus et le garde juqu’à l’embouchure. De Manaus jusqu’à la frontière péruvienne il s’appelle Rio Solimões, il reprend son nom de Rio Amazonas du coté péruvien. Mais qu’on ne perde pas son temps à chercher sur une carte, il s’agit bien du même fleuve.

Bateau couchette entre Manaus et Belem

Bateau couchette entre Manaus et Belem

 

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