Un homme tué par un grand fourmilier

On le connait aussi sous le nom de tamanoir, animal discret et solitaire il fuit les humains et n’est agressif que lorsqu’il se sent menacé. C’est ce qui vient de se passer avec un chercheur d’or brésilien qui s’est fait attaqué par un tamanoir dans son milieu naturel. L’homme d’une quarantaine d’années est décédé après une « accolade » avec un tamanoir, il est le premier cas connu d’attaque mortelle de cet animal.   

L’accolade fatale.

José Rodrigues de Souza n’a vraiment pas eu de chance. Il a entendu ses chiens aboyer aux abords de sa maison, isolée en pleine nature au coeur de l’Etat de Minas Gerais. Curieux de voir ce qui provoquait la colère de ses chiens, il s’est approché et s’est mis à courir avec ses chiens pour voir ce qu’ils poursuivaient. Il s’est alors retrouvé face à face avec un tamanoir adulte. L’animal se sentant sans issue s’est mis en position de défense, c’est à dire debout sur ses pattes arrières en se lançant sur son adversaire pour une « accolade », stratégie qui permet au tamanoir d’enfoncer ses énormes griffes dans le corps de l’ennemi.

Pour le chercheur d’or, ce fut l’accolade de la mort, les griffes du grand fourmilier lui ont sectionné une artère fémorale, entrainant une hémorragie fatale. La famille de José a bien appelé les secours, mais celui-ci n’a pas résisté et est décédé sur place. Le tamanoir, quant à lui, a disparu dans la savane alentour.

secours josé rodriguez sousa

Les secours auprès de José Rodrigues de Souza

Dans la nature le tamanoir a peu d’ennemis, seuls le jaguar et le puma osent s’y attaquer, et encore, il parait que c’est assez rare car sa chair n’est pas du goût de ces félins. De toute façon, l’animal est impressionnant, si un adulte ne pèse que 45 kg, la longueur de son corps avec la queue peut dépasser les deux mètres, ce qui fait de lui, en position debout, un animal auquel on a pas envie de se frotter. Les rencontres avec l’homme sont rares, en revanche il est très souvent victime de l’avancée humaine sur son territoire. Les routes qui coupent son milieu naturel l’oblige à les traverser, il est donc souvent victime d’accidents, heurté surtout par les camions et les autocars. Il est aussi très menacé par les incendies qui ravagent les régions de savanes sur le plateau central du Brésil où se développe l’élevage extensif de bovins. Jadis très commun depuis le nord de l’Argentine jusqu’à l’Amérique Centrale, il a aujourd’hui disparu d’une grande partie de son territoire. Comme il s’agit d’un animal discret, solitaire et avec des moeurs en partie nocturnes, sa population est assez difficile à évaluer. Mais les biologistes ont tiré la sonnette d’alarme, l’espèce est désormais menacée.

fourmilier

Malgré ce triste épisode, qu’on se rassure, le grand fourmilier est loin d’être un fauve sanguinaire, son alimentation est exclusivement composée de fourmis, de termites et de leurs larves. Le grand fourmilier est un mammifère édenté (il n’a pas de dents) qui passe une grande partie de son temps à éventrer les fourmilières et les termitières, sans jamais chercher la confrontation avec d’autres êtres vivants. Son métabolisme est lent car en raison de son régime pauvre en protéïnes sa température est basse, il souffre donc du froid nocturne et pour s’en protéger il creuse une cavité sur le sol, il s’y blottit en se recouvrant de son immense queue touffue… C’est sans doute aujourd’hui le tamanoir tueur du Minas Gerais qui fait des cauchemars, il revoit chaque nuit un chercheur d’or le menaçant, entouré d’une horde de chiens hargneux…

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