Ilha Grande, le Brésil dans toute sa splendeur

Praia do Aventureiro - Ilha Grande

La Grande Ile n’est qu’à 125 km de Rio de Janeiro, elle est pourtant restée très isolée jusque dans les années 1990, ce qui a permis sa préservation qui fait d’elle la plus sauvage des îles de la côte entre Rio et São Paulo. Si l’on cherche le paradis, il pourrait bien être par ici…

Si elle s’appelle Ilha Grande, c’est parce-qu’elle est la plus grande île de la côte de l’Etat de Rio, avec 193 km² (19 km² de plus que l’île d’Oléron). Elle se distingue aussi par deux monts élévés, le Pico da Pedra d’Àgua, 1.031 m et le Pico do Papagaio avec 982 m d’altitude. On peut d’ailleurs y accéder, c’est pas à la portée de tout le monde, mais la vue est époustouflante sur les criques, les plages, les îlots, et bien sûr la forêt tropicale qui recouvre Ilha Grande et les îlots voisins.

L’île possède plusieurs centaines de rivières et ruisseaux et aussi deux magnifiques lagunes, la Lagoa Azul et la Lagoa Verde, toutes deux accessibles en bateau et très recherchées pour la baignade, la plongée et la beauté des paysages. Il est possible d’effectuer de nombreuses randonnées sans avoir besoin d’une guide ou de conditions physiques exceptionnelles, beaucoup de sentiers longent les plages, la marche y est donc aisée et on ne peut s’y perdre. Par contre, pour les trekkings vers l’intérieur de l’île et l’escalade des monts, il est plus difficile de le faire sans aide. Enfin, Ilha Grande est une île sans voitures ! On accède qu’en bateau et c’est toujours par bateau qu’on peut le mieux se déplacer d’un point à l’autre de l’île. L’arrivée depuis le continent se fait sur le plus gros village de Ilha Grande, qui s’appelle Vila do Abraão.

Vila Abraao

Vue de la plage et du village de Vila do Abraão

Carte

Sur place, il existe un grand nombre de pousadas, plusieurs dizaines, de la plus simple à la plus sophistiquée, elles se concentrent quasiment toutes sur Vila do Abraão, tout comme les commerces, bars et restaurants. Si l’on préfère un réel isolement en pleine nature, il faut opter pour un des mini resorts qui se sont installés sur des sites exceptionnels, comme le Estrela da Ilha, tout près de la Lagoa Azul, ou encore la pousada Coqueiro Verde, sur la plage de Saco do Céu. Une autre option est le Sagu Mini Resort, à 20 minutes de Vila do Abraão par un sentier, sa proximité permet d’aller au village le soir, ce petit resort propose des bungalows.

Rue de Vila do Abraão

Rue de Vila do Abraão

En plus de Vila do Abraão, qui est le plus gros village de l’île, Ilha Grande compte plus d’une vingtaine d’autres hameaux, pour la plupart d’anciens pêcheurs recyclés aujourd’hui dans le tourisme. Autour de 7.000 personnes vivent sur l’île, mais en haute saison touristique (surtout de fin décembre jusqu’au carnaval), Ilha Grande reçoit environ 25.000 visiteurs et il y est bien difficile de trouver où loger. Donc, bien prévoir sa période et effectuer sa réservation d’hébergement à l’avance. Hors saison, il est possible de débarquer sans avoir réservé, on trouve toujours un lit quelque part.

L’île est aussi connue pour ses plages, une vingtaine qui rivalisent de beauté. Mais elles ne sont pas toutes accessibles, c’est le cas par exemple de la praia do Leste e do Sul, car elle se trouve dans la réserve écologique qui recouvre un tiers de Ilha Grande. Il faudra donc se contenter de plages moins désertes, mais tout aussi splendides, comme Cachadaço et Lopes Mendes, qui sont considérées comme les plus belles de l’île.

Végétation tropicale de l’intérieur de l’île

Végétation tropicale de l’intérieur de l’île

Quant à la période, il faut savoir qu’il pleut pas mal à Ilha Grande, avec une moyenne de 158 jours de pluie par an. Le gros des précipitations se fait en été, surtout janvier, les mois les plus secs sont en hiver, juillet. Mais comme en hiver les températures moyennes descendent à 19°, autant dire qu’on grelote, il est donc préferable de choisir les mois intermédiaires, comme mai, octobre ou novembre.

Un peu d’histoire :

Le nom de Ilha Grande est celui que les indiens Tamoios lui donnaient avant l’arrivée des Portugais. C’est le navigateur portugais Gonçalo Coelho qui l’aborde pour la première fois en janvier 1502. Il exploirera aussi la côte juste en face, d’où le nom de Angra dos Reis (la crique des rois), car nous sommes le 6 janvier, Jour des Rois. Ilha Grande connaitra de nombreux combats entre Portugais et Français pour le contrôle de cette côte, les premiers alliés aux indiens Tupiniquins, les seconds aux Tamoios. Ce n’est qu’en 1567 que les choses se calment avec l’arrivée d’un administrateur portugais. Mais l’île est attaquée et pillée en 1591 par le corsaire anglais Thomas Cavendish. Ce fut le début d’une longue série d’attaques de pirates et corsaires, ce qui obligea les Portugais à transférer l’administration de l’île sur Rio. Dès le début du 18ème siècle, l’île produit de la canne à sucre, puis plus tard du café, et cela jusqu’à la fin du 19ème. C’est l’époque du peuplement de l’île et de l’arrivée d’esclaves. En 1863 l’empereur du Brésil Pedro II visite l’île et y fait édifier un centre de triage et de quarantaine pour les passagers malades débarquant au Brésil. Avec la proclamation de la république en 1889, le centre de triage devient un penitencier pour prisoniers politiques. A partir de 1930, sous le gouvernement du dictateur Getúlio Vargas, le pénitencier, nommé Cândido Mendes, est agrandit et dès 1940 il compte plus de 1.000 détenus. Cette prison deviendra célèbre lorsque l’un des plus illustres écrivains brésiliens, Graciliano Ramos, plublie ses « memórias do cárcere » (mémoires de prison), lui qui y fut enfermé pendant la dictature de Vargas de 1937 à 1945.

Ensuite, la dictature qui commence en 1964 va à son tour utiliser ce pénitencier pour les prisoniers politiques. Ce n’est qu’à la fin des années 1970, que le centre de détention ne recevra que des prisoniers de droit commun. En 1994, le pénitencier sera définitivement fermé et démoli. C’est l’Univesité de l’Etat de Rio de Janeiro qui a obtenu la gestion du site, devenu ainsi le Centre d’Etudes Environnementales et de Développement Durable.

Livre

A lire à Ilha Grande : en français sous le titre Mémoires de prison, traduit, préfacé et annoté par Antoine Seel et Jorge Coli, Paris, Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1988

Graciliano Ramos

Graciliano Ramos 1892-1953

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