La vallée du café

A deux heures de route de Rio de Janeiro, le « Vale do Café » est pratiquement inconnu des touristes étrangers. Il est pourtant parmi les sites du Brésil qui comptent le plus de vestiges des 18 et 19ème , des maisons et villas, des gares, des fermes, des églises, des bâtiments publics, etc ; beaucoup sont en ruines, mais certains ont été restaurés et sont ouverts aux visites. Plusieurs musées racontent l´histoire de la vallée et du cycle du café, et les hébergements, pour la plupart dans des anciennes fermes de café, promettent un véritable voyage dans le temps.

La vallée du café se trouve dans le prolongement du Vale do Paraíba, une vallée formée par les rivières Paraítinga et Paraíbuna, qui passent au Minas Gerais et à São Paulo, formant le Paraíba pour finir dans l´Etat de Rio de Janeiro. C´est dans cette dernière partie de la vallée du Paraíba, qu´au 19ème siècle se trouvait la majorité des producteurs de café du Brésil, d´où son nom de vallée du café. A l´époque, cette région produisait à elle seule 75% du café mondial. Une manne qui permît aux riches planteurs de transformer la région pour en faire l´une des plus développées et prospères du pays. La vallée a connu un important flux migratoire, surtout en provenance d´Europe, afin de remplacer la main d´oeuvre esclave après l´abolition de l´esclavage en 1888 (voir texte sur le café sur ce blog).

Le Vale do Café est divisée en quinze municipalités, avec des petites villes, dont les plus connues sont Vassouras, Valença, Barra do Piraí, Conservatória, Miguel Pereira et Rio das Flores.

L´Etat de Rio de Janeiro compte encore plus de 200 anciennes fermes de café, appelées fazendas de café, dont plus d´une trentaine pour la seule vallée du café. Une vingtaine d´entre elles sont aujourd´hui aménagées en hôtel. L´accès à la vallée du café est simple depuis Rio de Janeiro, tout dépend où se trouve l´hébergement que l´on a choisi, mais depuis la gare routière de Rio, des lignes d´autocars desservent la région. Il est également possible de rejoindre la vallée du café à partir de Petropólis, la ville impériale au-dessus de Rio, ce qui rajoute une étape intéressante à l´itinéraire.

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Ci-dessus : centre de Valença et vue de Rio das Flores.

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Ci-dessus : rue et centre de Vassouras

En dehors de la vallée du café, le Vale do Paraíba est aujourd´hui un important pôle industriel, surtout du coté de l´Etat de São Paulo et autour de Volta Redonda, la grande ville de la sidérurgie de l´Etat de Rio. Il n´y a donc aucun intérêt touristique de ce coté, mieux vaut rester dans la région du café.

Celle-ci a beaucoup souffert de la déforestation, la culture du café y est venue supplanter celle de la canne à sucre dès la fin du 18ème, la végétation native, la Mata Atlântica, y a donc été presque entièrement dévastée. Aujourd´hui, la vallée s´oriente vers des productions plus respectables de l´environnement, comme les produits maraîchers bios, en pleine expansion et qui approvisionnent la ville de Rio de Janeiro. Les plantations d´eucaliptus (pour le charbon de bois et la cellulose) et l´élevage de bovins sont les autres secteurs économiques de la région. Mais la région produit aussi de la Cachaça, dont l´une des meilleures du Brésil, et un projet de retour à la production de café, cette fois destinée à la consommation locale, est en court. Enfin, le développement du tourisme rural et de nature y est en plein essor.

Quant à la meilleure période pour se rendre dans la vallée du café, il y a en gros deux saisons, la sèche et la pluvieuse. Cette dernière s´étend sur l´été, c´est à dire de novembre à mars. L´hiver est sec et les températures plus basses. Mais celles-ci restent clémentes tout au long de l´année puisque la température moyenne de la vallée est de 21º. Il parait même que la vallée du café fait partie des trois meilleures régions du monde pour les conditions climatiques. Avec une altitude qui se situe entre 350 et 700 m, des températures idéales et un taux d´humidité de 70%, on comprend pourquoi de plus en plus beaucoup de citadins viennent s´y installer.

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Ci-dessus : fermes de café et leurs intérieurs.

Quant aux hébergements, les meilleurs se trouvent dans les fermes de café, qui, il est bon de le savoir, ne produisent plus de café, car cette culture a été délaissée dans la région. Ces hébergements, en général ne fonctionnent pas tous les jours, mais plutôt pour les week-ends et lors des festivals, qui sont nombreux dans la région. Il faut donc bien se renseigner auparavant sur la période. Ces hébergements offrent la pension complète, on y mange des produits frais locaux et ils sont équipés de structures de loisirs, piscine, installations sportives, équitation, fermette pour les enfants, etc. De nombreuses activités sont aussi proposées en dehors de la ferme, comme des randonnées équestres et pédestres, des visites aux musées et le dégustation de produits locaux, comme la cachaça et les sucreries locales.

La plus prestigieuse de ces fermes de café est la Fazenda União, elle a conservé tout son mobilier d´époque et appartient toujours à des descendants des « barons du café ».

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Ci-dessus : la Fazenda União

Enfin, il ne faut pas oublier les festivals de la vallée du café. Ils ont lieu plutôt en hiver, avec une programmation variable, et surtout musicale. En avril c´est le festival du café, de la cachaça et du chorinho, un rythme musical populaire né à Rio au 19ème , typiquement brésilien où dominent les instruments à cordes. Le chorinho est issu du lundu, lui-même d´origine afro-brésilienne mais à base de percussions. En juillet, c´est le festival do Vale do Café, avec de nombreuses présentations artistiques. Et tout au long de l´année, chaque week-end, pour ceux qui apprécient les soirées dansantes et les musiques langoureuses, les soirées sont bien animés dans la petite ville de Conservatória, capitale de la Seresta, un rythme inspiré de la sérénade, d´où l´origine du nom. La Seresta se jouait à la base avec une guitare et sous les balcons pour séduire la belle de son choix. Baden Powell lui a donné ses lettres de noblesses et la Seresta a évolué en divers rythmes, qui se dansent toujours à deux.

Aujourd´hui d´autres instruments composent les groupes et orchestres de Seresta, comme la flute et l´accordéon, mais les cordes continuent de dominer cette musique à l´eau de rose. A Conservatória, la tradition pour les groupes de Seresta est de passer le soir de bar en bar et pousser la sérénade pour les amoureux qui s´y trouvent. De nombreux bars et restaurants ont leur propres groupes, parfois de grandes formations qui donnent de véritables concerts.

Une particularité de la petite ville de Conservatória, c´est qu´une bonne partie des maisons ne sont pas identifiées par des numéros mais par des noms de célèbres Seresta.

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Ci-dessus : groupe de Seresta devant un bar de Conservatória.~

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