Rio de Janeiro

Au Brésil, on la surnomme très modestement la Cidade Maravilhosa (la ville merveilleuse). C´est dire à quel point Rio de Janeiro a une réputation à défendre ! Alors qu´en est-il vraiment, est-elle aussi merveilleuse qu´on le dit ? Bien évidemment l´expérience de chacun est à prendre en compte, mais sur le fond bien sûr qu´elle est merveilleuse cette ville. J´en parle avec autant d´assurance que j´y ai vécu en continu presque trois ans, et y effectue depuis des séjours réguliers. Rio est pour moi comme une histoire d´amour, avec ses intenses et romantiques moments, puis ses déceptions, ses ruptures, mais aussi ses retours… Ah quand on aime ! Bien sûr une ville n´est pas un être, elle est faite de millions d´êtres, et à Rio ils sontaujourd´huiprès de 13 millions, si l´on compte les banlieues.

Mais pour revenir à la beauté, ce qui interpelle immédiatement à Rio c´est le site géographique, unique au monde. Des plages, des criques, une baie, des mornes, des forêts tropicales, et, comme saupoudré sur tout ça, la ville. Il ne doit pas exister beaucoup de mégapoles au monde où l´on descend de chez soi en slip de bain pour aller à la plage au bout de la rue. Ou encore où l´on croise des singes, des perroquets et des toucans le matin sur son balcon. Et oui, j´habitais tout au bout de Copabana, dans un immeuble dont le fond était collé à un morne (colline ici appelé morro) couvert de végétation. Je distribuais tous les matins des fruits à ces voisins « non locataires », petits singes ouistitis habitant la végétation du morro. Des singes, des perroquets, des toucans et une bonne douzaine d´autres oiseaux colorés, parmi lesquels colibris et tangaras. Devant l´immeuble c´était la rue, bruyante et chaotique, et derrière la jungle et sa faune. Incroyable dans une mégapole.

Quant à la plage, elle est omiprésente dans la culture carioca (pour ceux qui ne le savent pas carioca est le nom donné aux habitants de Rio de Janeiro). On se retrouve sur les plages par affinités, sociales, et culturelles, par modisme aussi, car il y a des tendances qui évoluent. Les classes sociales modestes, depuis quelques temps,choisissent plutôt l´une des plages de la baie, celle de Ramos, connue pour son « piscinão », grande piscine naturelle, qui a été récemment mis en avant par une novela.On s´y s´agglutine sans complexe, dans une ambiance de foire d´empoigne aux effluves d´huile solaire. Les touristes préfèreront Copacabana, car c´est aussi là que se trouvent la plupart des hôtels, et ils y cotoient les habitants du quartier, qui en général s´y retrouvent par paté de maisons et par rue. Le public gay se retrouve lui, de préférence sur la plage face au Copacabana Palace. Les plages de Leblon et Ipanema sont considérées comme les plus « bougeoises », mais c´est parce-qu´elles bordent les quartier les plus chers de Rio.Là on aime bien fanfaronner, se montrer, quand on est jeune, beau et bronzé, il faut que ça se sache !La plage est donc la continuité de sa rue, de son voisinage, et de sa condition sociale. On ne fréquente pas les voisins, par contre on les retrouve à la plage et c´est là qu´on fofoca, c´est à dire qu´on fait des ragots. La plage n´est donc pas seulement un moment de détente, elle a son rôle social dans la société carioca. Bien sûr le touriste n´y verra pas tout cela, mais en y observant de plus près il comprendra vite l´importance de la plage à Rio et de son intégration au reste de la ville. Dans un bus se cotoient le jeune cadre avec son attaché-caisse et le surfer avec son encombrante planche, l´un est en cravatte, l´autre en bermuda, les plagistes couverts d´huile solaire se frottent aux dames parfumées qui vont vers les shoppings center ou le centre ville. Ici plusieurs villes se mélangent, celle des affaires, celle de la plage, et puis celle qui reste indéfiniment indécise entre les deux. Un peu d´affaires, une partie de volley sur la plage, une bière ou un cafezinho(petit café)dans la lanchonete (genre de bar populaire où l´on grignote à toute heure), une partie de dominos avec des copains sur le trottoir, ou encore un jus de fruit frais dans une des innombrables Casa de sucos (maison de jus de fruits)de la ville. Rio de Janeiro n´est décidément pas une ville comme les autres, elle est unique, aucune autre ne lui ressemble, même si beaucoup au Brésil veulent l´imiter. Et oui, car Rio est aussi d´avant-garde, elle lance la mode, et le culte du corps la met en valeur, elle créer les tendances, apprivoise les cultures pour mieux se les approprier. Même la favela suit le mouvement, les artistes du cru y fleurissent et sa musique envahit les ondes, comme actuellement le funk, tellement carioca !

Et s´il me fallait résumer Rio en un seul mot, je dirais sensuelle, car au fond c´est ça qui se dégage de Rio, sa sensualité.

Mon avis sur le coté touristique

Bien sûr quand un touriste visite Rio, il se limite aux quartiers résidentiels des plages, un peu au centre ville et au quartier de Santa Teresa, ou Lapa pour les sorties nocturnes. Puis les incontournables points touristiques que sont le Pain de Sucre et le Corcovado avec son christ rédempteur. Ce qui, il faut bien le reconnaitre, est déjà pas mal. Mais Rio a bien plus à offrir, et il faut pour découvrir prendre son temps. Ne pas hésiter à s´arrêter dans une lanchonete ou à une terrase de bar, et puis regarder le mouvement. Ou encore aller sur la plage, pas en touriste mais en Carioca, c´est à dire quasiment les mains dans les poches du bermuda. Car il faut savoir qu´il y a trois éléments naturels essentiels à la plage et que pour bien en profiter on a besoin de se limiter qu´à ça. Pour le soleil, une protection solaire, pour le bain un bikini, ou un short, car attention messieurs, les strings sont bannis, et pour les dames pas de seins nus. On est libéral et très dénudés sur les plages, mais on ne montre rien, on suggère, très habilement d´ailleurs, ça fait partie des subtilités de la plage. Enfin, pour le sable, une paire de tongues (appelées Havaianas ici), peut être un paréo pour les dames ou une serviette pour s´allonger. Mais c´est vraiment le maximum. Certains cariocas apportent leur chaise de plage, mais on peut aussi les louer sur place. Enfin, on vend presque de tout sur la plage, à boire et à manger, donc on se s´encombre pas de provisions.

En dehors des grands classiques que sont le Corcovado et le Pain de Sucre, je conseille d´aller voir ce qui se passe dans le centro, le centre ville et centre des affaires. Ça grouille de monde, les rues qui se coupent à angles droits sont truffées de commerces populaires et il faut absolumment prendre le temps de s´arrêter à la Confeitaria Colombo (rua Gonçalves Dias n° 32). C´est le plus ancien salon de thé de Rio, il date de la fin du 19ème, un vrai voyage dans le temps et des tas de douceurs et de saveurs à découvrir. Pour ceux qui n´aiment pas la foule du centre, on peut aussi profiter de la Confeitaria Colombo dans le fort de Copacabana. Bien moins spectaculaire car récent, cet espace dispose de quelques tables en terrasse sous les arbres, avec une vue imprenable sur Copacabana et le pain de sucre en toile de fond.

Confeitaria Colombo

Confeitaria Colombo

Dans le centre ville j´aime aussi flâner du coté de la rua da Carioca, y découvrir ses rares vieux bistrots comme le bar Luis. Puis à l´opposé, après la praça XV, prendre le bateau pour Niteroi. Cette  ville, se trouve de l´autre coté de la baie, en empruntant la navette de bateaux on découvre Rio vu de la mer, avec le Pain de sucre d´un coté et le pont Rio-Niteroi (14 km au dessus de la baie). Toujours dans le cente ville il faut aller à la fondation culturelle Banco do Brasil (rua 1° de Março n° 66). C´est l´ancien siège de la banque du Brésil (début 20ème) et aujourd´hui un centre culturel avec les meilleures expositions de la ville. Le musée historique national est aussi une visite intéressante (praça Mal. Âncora). On voit aussi un petit château sur la zone portuaire, ça s´appelle Ilha Fiscal, très joli de l´extérieur (l´intérier est moins intéressant), mais la vue est superbe.

ilha Fiscal

Ilha Fiscal

Pour se loger, le quartier de Santa Teresa est le plus tranquille car assez isolé sur une des collines de la ville et sans buildings. Personnellement je préfère loger du coté d´Ipanema, surtout vers Arpoador qui est limitrophe avec Copacabana, car j´aime être près des commerces et des bus pour pouvoir me déplacer facilement sans prendre de taxis (Santa Teresa n´est pas bien desservi et le taxi est presque obligatoire).Puis j´y ai mes petits habitudes ! Enfin, si on veut vraiment se faire une journée de plage sur du sable fin et blanc et sans trop de monde, je conseille la plage de Barra da Tijuca, un peu loin du centre ville, mais ça vaut la peine.

CopaCabana

Copacabana vue du ciel.

Coté nature, je conseille aussi une découverte de la forêt de Tijuca, celle-là même qui entoure le Corcovado. Elle est vraiment magnifique et c´est la forêt tropicale telle qu´on se l´imagine. Bien sûr on se renseigne avant et on prend un guide, on n´y va pas comme ça tout seul, ça peut être très dangereux, serpents, précipices, etc. Pour les amateurs d´émotions fortes, il est possible d´effectuer des survols en delta Plane ou en parachute ascensionnel, ça se fait facilement et on atterrit sur la plage de São Conrado. Là encore se renseigner car c´est sur rendez-vous. Enfin, flâner dans le jardin botanique et y découvrir les essences végétales du Brésil est un vrai moment de détente.

JardimBotanico

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