Découvrir Bahia

Etat de Bahia– Capitale Salvador. Intérêts touristiques : Salvador est l´un des principaux sites touristiques du Brésil. Son centre historique est classé au Patrimoine Mondial par l´Unesco. C´est aussi la capitale de la culture afro-brésilienne, que l´on connait surtout à travers sa gastronomie, sa religion, sa musique et ses danses, sans oublier bien sûr la capoeira. Salvador est aussi la première ville fondée au Brésil (en 1549) et fut la première capitale du pays jusqu´en 1763.

L´intérêt premier de Salvador est son centre historique, classé par l´Unesco, c´est l´un des plus grands et des plus célèbres du continent. On le connait surtout sous le nom de Pelourinho, mais le Pelourinho correspond uniquement au coeur du centre historique, là où se trouvent les commerces et l´animation. Mais le centre historique de Salvador est bien plus étendu que le seul Pelourinho, il est composé d´autres quartiers, comme le Carmo ou le Santo Antonio, pour ne citer que les plus accessibles.Salvador est une étape incontournable dans un voyage au Brésil, d´autant que l´on peut aisément combiner sa découverte avec un petit séjour balnéaire sur une plage des environs.

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Rue et façades du Pelourinho

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Les Bahianaises en costumes traditionnels dans le Pelourinho

Que faire dans le centre historique de Salvador ?

Tout d´abord il faut marcher, flâner, se laisser porter par le rythme, s´assoir à une terrasse en sirotant un jus de fruits frais, ou une caipirinha (l´apéro local), et regarder la vie alentour… En général il se passe toujours quelque chose dans le Pelourinho, une fête, une procession, une expo, une démonstration de capoeira, bref, on ne s´y ennuie jamais. On peut aussi y faire des achats, mais il faut vraiment chiner car l´artisanat bahianais est assez pauvre, par contre on y trouve de nombreux ateliers d´artistes, comme peintres, céramistes, sculpteurs, etc. Les églises sont bien sûr la grande attraction des visites touristiques, la cathédrale des jésuites, sur le Terreiro de Jesus, le couvent de São Francisco, dont le cloître recouvert d´azulejos portugais est à voir absolument. Puis l´église do Rosario, c´est l´ancienne église des esclaves, elle a donc une signification toute symbolique. Coté musée, si on aime l´art sacré il ne faut pas rater le museu de Arte Sacra, c´est sans doute l´un des plus complets du pays. Il est un peu en dehors du périmètre du centre historique, donc très peu fréquenté, ce qui permet de mieux en apprécier la collection. Sur le Terreiro de Jesus, à deux pas de la cathédrale, se trouvent les muséesAfro et d´Arqueologia(dans le même bâtiment). Ils ne sont pas au top, on y fait pas souvent la poussière, ce qui renforce son petit coté musée vieillot, mais on peut quand même s´y faire une idée des cultures africaines et leur influence sur Bahia, et aussi celles des cultures locales, les Indiens. Toujours dans le Pelourinho, je conseille une visite au musée Solar do Ferrão, pour le bâtiment et pour les trois collections qu´il abrite, art populaire, art sacré et mobilier et sculptures.Mais pour tous les musées, attention aux horaires et aux jours d´ouverture, ils ne sont pas toujours respectés !

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Cloître de São Francisco

Le reste de la ville

En dehors du centre historique, on peut aller se promener du coté de Bonfim et Ribeira, des quartiers résidentiels et populaires en bordure de la baie. Il faut bien sûr y faire la visite de l´église de Bonfim, c´est là qu´on y bénit les fameux rubans colorés qu´on porte au poignet. Mais il faut aussi s´arrêter à la pointe d´Humaítá pour la vue panoramique sur la ville. En revenant de ces quartiers un arrêt au marché de São Joaquim s´impose, c´est le grand marché populaire de l´alimentation, ça grouille de monde et c´est pittoresque.Les touristes s´arrêtent plutôt au Mercado Modelo, le marché d´artisanat qui se trouve en contrebas du Pelourinho et qui occupe les locaux de l´ancienne douane portuaire.Toujours sur la côte et non loin du Mercado Modelo, il ne faut pas rater le MAM (musée d´art moderne) pour la beauté des bâtiments et la vue sur la baie. Il s´agit d´un ancien manoir en très bon état de conservation, donc superbe témoin des maisons de maitres de l´époque coloniale, avec leur chapelle privée et la senzala (maison des esclaves).

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Humaítá, la pointe et l´église.


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MAM de Salvador

De là on remonte vers le Campo Grande et le Corredor da Vitória. Sur cette avenue arborisée où se trouvent les plus riches immeubles de la ville, il faut visiter le musée Carlos Costa Pinto, une collection privée dont l´intérêt réside surtout dans la partie des bijouxs et parures que portaient les dames de l´époque, et aussi leurs esclaves. Quasiment juste en face se trouve le Museu de Arte da Bahia, la porte d´entrée en bois massif est superbe, il y a souvent des expos très intéressantes.

Les plages de Salvador

Quand on regarde une carte de la ville on voit très aisément qu´elle est en partie sur l´océan Atlantique et sur la baie de Tous les Saints. Il y a plus de 40 km de côte à Salvador. Cette côte n´est pas uniquement composée de plages, il y a aussi des falaises et des rochers et une partie n´est pas accessible (rochers, forts, zones militaires, etc). Mais il reste un grand nombre de plages pour la baignade et les bains de soleil. La plus propice pour la baignade est celle de Porto da Barra, il n´y a pas de vagues car c´est une crique dans la baie. De plus elle est en pleine  ville, c´est la plus proche du centre historique, elle est souvent bondée surtout le week-end. A quelques centaines de mètres de là, se trouve la plage de Barra, qui de l´autre coté du phare (et ancien fort portugais) est la première plage de la ville sur l´Atlantique. Là il y a moins de monde.

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Plage du Porto da Barra

Ensuite, pour trouver de belles plages, il faut passer les quartiers résidentiels en remontant vers le nord en direction du quartier d´Itapoan. La plus proche est la plage du Jardim de Alah, ensuite les meilleures sont celle de Piatã et de Pituaçu. Après Itapoan, les plages les plus recherchées sont celles de Stella Maris et Flamengo. Ce sont celles que je recommande, même si ce sont les plus éloignées du centre ville, elles sont vraiment top, moins bondées et conservent toujours quelques infrastructures, paillotes de plage, qu´on appelle ici « barracas » où l´on peut boire et manger, mais aussi se « désaler » en se douchant à l´eau douce.

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Plage do Flamengo, lapaillote « Barraca do Loro ».

A l´opposé de ces plages, on peut aussi profiter des plages de Ribeira, quartier en bordure de la baie de Tous les Saints. On ne peut guère y nager car les eaux sont peu profondes, mais c´est une ambiance totalement différente, seules les familles du quartier les fréquentent. Mais attention, comme pour les autres plages, c´est bondé le dimanche.

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Plages de Ribeira.

Mes lieux favoris à Salvador

Du coté des plages, j´aime particulièrement la Barraca do Loro à Flamengo. C´est l´une des rares paillotes de plages ayant survécu aux buldozers de l´Etat qui a récemment décidé qu´on ne pouvait rien construire sur les plages. Mais celle-là est un peu en retrait et a été épargnée. La plage de sable fin est étentue et propre pour la baignade, puis la paillote offre tout le confort, plus de quoi boire et manger. C´est donc le lieu idéal pour faire du balnéaire tout en étant à Salvador. En général j´évite le dimanche car c´est bondé.

Sur le centre historique, j´aime particulièrement le petit café Le Cafelier, au Carmo, pour prendre un café, ou un jus de fruit frais, en regardant la baie de Tous les Saints. Pour un petit encart je choisi parfois le Café Conosco, juste en face de l´église du Tiers-Ordre des Franciscains dans le Pelourinho. Les tartes salées sont excellentes et surtout elles sont faites maison. Bien sûr j´apprécie aussi beaucoup les sorbets de Georges Laporte, sur la place Largo de São Francisco, au coin de l´église du même nom, où ce Français maître sorbetier nous fait de véritables miracles avec les fruits tropicaux !

Le MAM, Solar do Unhão (musée d´art moderne) est aussi um de mes lieux favoris, et il y a tous les samedis soirs des concerts d´excellente qualité, surtout du Jazz. J´aime aussi manger un acarajê (beignet dans l´huile de palme) du coté de Rio Vermelho en fin d´après-midi. Pendant longtemps les acarajês de Dinha, Largo de Santana, ont eu la vedette, puis dans les années 90 une autre Bahianaise d´acarajê s´est installée de l´autre coté de la place ce qui déclencha une véritable guerre du beignet.  Aujourd´hui on y préfère ceux de Cira, sur le  Largo da Mariquita. On achète son beignet au stand et ensuite on va s´assoir à une table des bars qui gravitent autour des vendeuses de beignets, il n´y a pas de concurrence, tout le monde s´y retrouve. Par contre gare aux intruses qui essayeraient de vendre leurs beignets sur le même territoire ! Ces places sont vraiment des lieux de rencontres en plein air, très animées surtout les vendredis et samedis soir, mais c´est ouvert tous les jours.

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Le stand de Cira à Rio Vermelho

Bahia c´est bien sûr son littoral, avec ses plages de rêve et ses petits villages au rythme non-chalant. Ce n´est pas simple de tout détailler ici, mais je vais faire un tour d´horizon par côte et par site important. Ensuite chacun ira chercher son petit coin de paradis !

La côte nord :Elle s´étend de Salvador jusqu´au nord de l´Etat de Bahia où elle se termine à Mangue Seco. Après c´est l´Etat de Sergipe. Elle fait 200 km et est divisée en deux côtes, l´une appelée Costa dos Coqueiros (côte des cocotiers) et l´autre la Linha Verde (ligne verte). La limite entre ces deux côtes est la petite station balnéaire de Praia do Forte, sans doute la plus connue de Bahia. Mais tout au long de ce littoral, on trouve des plages magnifiques, pas toujours facile d´accès, mais même en restant vers celles qui sont accessibles il y a vraiment un grand choix.Entre Salvador et Praia do Forte je conseilleraisGuarajuba pour ceux qui, séjournant à Salvador, veulent passer la journée sur une plage avec toutes les facilités, accès, paillotes, douches, etc, ou encore celle deBarra do Jacuípe, plus rustique et moins fréquentée, le panorama y est sublime.Si on pense loger dans le coin, la plage de Itacimirim est une bonne option si on préfère le coté un peu sauvage. Par contre pour le mouvement, des bars et des restos, on devra choisirPraia do Forte où il y a vraiment un éventail de possibilités. Praia do Forte est un ancien village de pêcheurs, aujourd´hui c´est un petit St Tropez local (toutes proportions gardées), avec aux alentours des gros hôtels resorts. Les défenseurs d´un Brésil rustique et populaire critiquent beaucoup Praia do Forte et il est vrai qu´en haute saison et les week-ends d´été c´est impraticable, mais hors saison ça reste une option qu´on aurait tort d´écarter systématiquement car le site est tout simplement magnifique.

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Carte de la côte nord

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Praia do Forte

Après Praia do Forte, on remonte vers des plages plus sauvages et des villages plus simples, comme celui de Imbassaï, qui a de belles plages et un bon choix d´hébergements. Encore plus au nord, je citerais Subaúma, Baxios, Barra do Itariri et Sitio do Conde, pour ne citer que les plus faciles d´accès. Il y a aussi une plage naturiste à Massarandupió, superbe endroit mais assez difficile d´accès, il faut être un habitué pour s´y rendre et elle n´est fréquentée que les weeks-ends et en été. Dans toute cette région les plages y sont sauvages et splendides. On évite par contre absolument le complexe hôtelier de Sauípe, c´est tout simplement hideux. La côte se termine à Mangue Seco, un lieu qui a connu ses heures de gloire dans les années 80 et 90 mais qui est aujourd´hui un peu délaissé et c´est dommage. Ce village de pêcheurs est situé au beau milieu de dunes de sables, de mangroves et de bras de rivières qui apportent à l´ensemble un petit coté bout du monde très appréciable. On accède à Mangue Secoen bateau et par la petite ville de Pontal, qui se trouve elle dans l´Etat de Sergipe.

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Mangue Seco

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Mangue Seco le village

La côte sud

Le littoral sud de Bahia est le plus étendu de l´Etat, il s´étend sur plus de 800 km de Salvador (en ligne droite) jusqu´aux limites de l´Etat de Espirito Santo. On le divise en quatre côtes, la Costa do Dendê (côte des palmiers), la Costa do Cacau (côte du cacao), la Costa do Descobrimento (côte de la découverte) et enfin la Costa das Baleias(côte des baleines). Sur une telle étendue, il est évident qu´on doit faire son choix et s´arrêter quelque part, il est hors de question d´essayer de tout parcourir en un seul voyage, d´une part les sites ne sont pas toujours accessibles en voiture (pistes de sables ou de terre), les distances sont énormes d´un point à l´autre car on est souvent obligé de repartir vers l´intérieur des terres et reprendre la route principale qui descend du nord au sud du pays pour rejoindre un autre site de la côte. Enfin, certains sites se trouvent sur des îles, ou sur des péninsules mal, ou non reliées, par la route.

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Carte de la Costa do Dendê

La Costa do Dendê est laplusproche se Salvador, sesprincipaux sites sontl´île de Tinharê,où se trouveMorro de São Paulo, l´île de Boipeba, et lapéninsule de Marau.On accède aux deux premiers sites en bateau depuis la ville de Valença et le troisième par la ville de Camamu. Par bateau, onpeutrejoindreMorro de São Paulodirectement de Salvador.

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Morro de São Paulo

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Boipeba, plage de Tassimirim

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Péninsule de Marau

Pour tous les autres sites, il faut traverser la baie de Tous les Saints en ferry et ensuite continuer par la route. Morro de São Paulo est sans doute le plus connu et fréquenté des sites balnéaires de cette côte. Ses plages s´étendent à perte de vue et une bonne partie de l´île est toujours recouverte de végétation native. Par contre, le village de Morro de São Paulo a grandi de façon assez anarchique ces dernières décennies, les pousadas sont les unes sur les autres et la proximité de Salvador permet l´accès à un grand nombre de personnes, l´ambiance n´y est donc pas toujours tranquille. Si on recherche plus de tranquillité on choisira Boipeba, c´est incomparable (voir article sur Boipeba). Plus bas, à partir de la ville de Camamu, on peut découvrir la péninsule de Marau, qui compte l´une des plus belles plages du Brésil, celle de Taipu de Fora. Quelques pousadas permettent de se loger tout près et il faut absolument effectuer un parcours (réalisable qu´en 4×4) le long de la péninsule en descendant vers Itacaré. Le paysage est exceptionnel, entre plages, forêt tropicale, et lagunes.

Juste après la péninsule de Marau commence la Costa do Cacau, dont la ville principale est Ilhéus. Comme son nom l´indique c´est la région de production du cacao. Il est d´ailleurs possible d´effectuer une visite, et même un séjour, dans une ferme de cacao. Sur le littoral, c´est le village de Itacaré qui est le plus cotté pour ses plages. On peut d´ailleurs le rejoindre par la piste depuis la péninsule de Marau, un joli trajet qui permet d´arriver sur Itacaré en bac, en traversant le Rio de Contas. Le village de Itacaré n´est ni joli ni intéressant, c´est vraiment juste le point de chute pour accèder aux plages de la région, qui, elles, sont vraiment superbes. Elles sont d´ailleurs les préférées des surfers de la région.

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Itacaré

Ilhéus mérite une visite, pour son petit centre historique, patrie de Jorge Amado, sa cathédrale, située au bord d´une plage, et les fermes de cacao des environs. A 120 km au sud de Ilhéus, la petite ville de Canavieiras est le meilleur site au monde pour la pêche sportive du marlin.


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Cathédrale d´Ilhéus

Après Canavieiras vers le sud commence la Costa do Descobrimento. Elle est ainsi nommée car c´est ici que les Portugais ont découvert le Brésil, au matin du 22 avril 1500. Les sites les plus connus de cette côte sont bien sûr Porto Seguro, devenue une station balnéaire populaire où l´on ne trouve pratiquement que des hôtels. Par contre, le petit site historique de Porto Seguro, l´un des plus anciens du pays, vaut une visite. Tout comme Santa Cruz Cabralia, lieu d´arrivée des Portugais, et de la première messe au Brésil ! Sur l´autre rive du fleuve Buranhém se trouve la ville balnéaire de Arraial d´Ajuda. C´est un autre site très fréquenté, on y trouve un grand choix d´hébergement et son petit centre ville est truffé de petits bars et restos.

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Carte de la Costa do Descobrimento

Pour ceux qui préfèrent les plages plus désertes il faut aller à Trancoso, c´est le must des stations balnéaires du sud de Bahia, on y trouve les pousadas les plus « chics » du pays. Mais le centre du village ancien, connu comme le Quadrado est vraiment un bel endroit, quant aux plages de Trancoso, elles sont paradisiaques…

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Quadrado à Trancoso

Pour les amateurs d´espaces sauvages et de trekking, il faut oublier Trancoso et se rendre à Caraíva, c´est à seulement 39 km de Trancoso, mais là fini les bars et restos à la mode, tout est rustique et authentique ! Les plages y sont superbes et désertes, il y a peu d´hébergements mais si on évite la haute saison on a pas de problème pour trouver une chambre.

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Villade de Caraíva

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Plages de Caraíva

Aux confins de l´Etat de Espirito se trouve la dernière côte de Bahia, connue comme Costa das Baleias, la côte des baleines. Elle doit son nom au sanctuaire de Abrolhos qui abrite en été la plus importante colonie de baleines jubarte (ou mégaptères) de l´Atlantique sud. C´est là qu´elle viennent mettre bas, dans les eaux de l´archipel de Abrolhos, aujourd´hui parc maritime national. C´est aussi un lieu de plongée sous-marine apprécié, mais comme à Fernando de Noronha, les  visites y sont controlées. Pour s´y rendre, on doit passer par les agences autorisées, en général les départs en bateau se font depuis la petite ville de Caravelas.

Abrolhos est un univers marin complet, car en plus d´une faune aquatique très variée, on peut y observer un très grand nombre d´oiseaux marins.

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Carte de la Costa das Baleias

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Observation des baleines à Abrolhos

Sur cette côte, sans nul doute la plus préservée de Bahia, il faut aussi citer Cumuruxatiba et Prado, entre ces deux gros villages, des plages bordées d´imposantes falaisess´étendent à l´infini.

L´intérieur des terres

L´Etat de Bahia a une superficie qui fait un peu plus que la taille de la France. Avec près de 1.000 km de côte. Mais Bahia ce n´est pas seulement les plages, c´est aussi l´intérieur des terres, dont le nord est constitué en grande partie duSertão (que je n´aborderais pas ici car un chapitre à part lui sera consacré). Quant au centre de l´Etat de Bahia, il est constitué d´un gigantesque massif montagneux connu comme la Chapada Diamantina.

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Carte de Bahia avec la Chapada Diamantina

Ce massif est un lieu tout à fait exceptionnel et est considéré comme un des hauts lieux de la planète pour la biodiversité. Ce qui est intéressant dans la Chapada Diamantina, c´est qu´il s´agit d´un univers très complet, la nature y est bien sûr omniprésente, mais les aspects sociaux et culturels y sont tout aussi intéressants. Le massif doit son nom aux diamants, qu´on trouvait en très grosse quantité jusqu´au début du XXème siècle. De ce faste passé, le massif conserve de superbes villages anciens aux façades colorées, comme Lençóis, Igatu, Mucugê,ou encore Rio de Contas. La Chapada est donc un petit monde à elle seule, pas toujours facile à découvrir sans un minimum d´organisation, car les distances sont grandes d´un point à l´autre et certains sites naturels ne sont accessibles que sur la base de trekkings. C´est ici par exemple que se trouve la plus haute chute du Brésil, la Cachoeira da Fumaça (380 m) qui se jette dans un canyon couvert de végétation tropicale. On peut aussi visiter de nombreuses grottes, notamment celles de Poço Encantado, qui a plus de 60 mètres de profondeur reçoit dans son lac souterrain, entre 10h00 et 12h30, la lumière du soleil, qui se tranforme en un véritable lagon bleu. Le spectacle est tellement intense qu´on à peine à croire qu´il est naturel. Pour ceux qui prennent le temps de faire un trekking, il faut aller du coté du Vale do Paty, c´est l´occasion de traverser une bonne partie du parc naturel et aussi de rencontrer les rares habitants de ce coin perdu, car les hébergements se font en général chez eux.

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Poço Encantado

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Centre de Lençóis

L´accès à la Chapada Diamantina se fait en général par Lençóis (420 km de Salvador), qui est desservi tous les jours par des autocars de lignes (environ 6 heures de route) ou par avion car Lençóis possède un petit aéroport (il n´y a pas de vol quotidien).

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Chapada Diamantina (vuedu Pai Inacio)

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La cachoeira da Fumaça

Le Recônvacoet Itaparica

Cette partie de Bahia est proche de Salvador et correspond au pourtour de la baie de Tous les Saints. L´île d´Itaparica se trouve face à Salvador et a été un des hauts lieux de villégiature des Bahianais jusque dans les années 1970/80. Ensuite, avec l´ouverture des routes vers la côte nord, les Bahianais ont délaissé Itaparica car ils n´avaient plus à dépendre des ferry qui font la traversée depuis Salvador. L´île est aujourd´hui très urbanisée, surtout sur sa partie façade, mais il reste de belles plages préservées vers le bout de l´île, notamment Cacha Pregos. La partie arrière de l´île donne plutôt sur des mangroves, c´est bien plus préservé et authentique, mais aussi plus compliqué d´accès.

Dans la baie de Tous les Saints, ce que je déteste tout particulièrement ce sont les excursions de la journée sur une goélette, un véritable piège à touristes, ça n´a aucun intérêt, c´est pourtant une des excursions les plus proposées sur Salvador ! Mais la baie de Tous les Saints est intéressante si on a l´occasion d´aller vers le fond de la baie, du coté de l´embouchure du fleuve Paraguaçu. Jadis des navettes régulières desservaient les îles et villages de la baie et remontaient le Paraguaçu jusqu´à Cachoeira. Aujourd´hui ces navettes ont disparu et le Rio Paraguaçu n´est plus entièrement navigable en raison d´un barrage en amont de Cachoeira. Le long de ce fleuve on peut encore découvrir de superbes vestiges de l´époque coloniale, car toute la région formait le plus important pôle économique de la colonie, grâce à sa production de canne à sucre. Les ruines du monastère de São Francisco do Paraguaçu sont surprenantes. Mais l´accès est dificile, on peut aussi y arriver par voie terrestre, mais il est préférable que ce soit en 4×4 tant la piste est imprésivible. Par la piste on passe ainsi par le village de Santiago do Iguape, là où très probablement le temps s´est arrêté…

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Carte du Recôncavo (pourtour de la baie de Tous les Saints).

Cachoeira est la grosse ville de la région. Elle est classée au Patrimoine National car son centre historique est le second de Bahia en superficie après le Pelourinho. Malheureusement il n´est pas bien conservé et la ville n´a jamais réussi à gérer son patrimoine, c´est vraiment dommage car le site vaut vraiment la peine. Comme la ville n´est qu´à 116 km de Salvador on peut tout de même y passer la journée, en essayant d´y aller un jour de marché (mercredi et samedi).

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Cachoeira

Cahoeira est aussi un des hauts lieux du candomblé, c´est dans cette région qu´on trouve le plus grand nombre de Terreiros (lieu de culte) au km². Il faut dire que la quasi totalité des habitants sont descendants d´esclaves africains. La culture afro y est donc omniprésente, par le candomblé bien sûr, mais aussi la Samba de Roda, qui est la Samba d´origine, dont sont issues toutes les variantes de la Samba. La région est aussi une grande productrice de tabac et fabrique les grands crus de cigares du Brésil. On dit que dans le monde il n´existe que trois hauts lieux de production des meilleurs cigares, Cuba bien sûr, puis le Nicaragua, et enfin Bahia. Il est d´ailleurs possible d´effectuer la visite d´une fabrique (la Cie Dannemann), qui se trouve à São Felix, face à Cachoeira. Il s´agit d´une petite fabrique de démonstration pour les visiteurs, car la grande fabrique de cette compagnie, d´origine hollandaise, se trouve sur un autre site.

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Grande prêtresse du candomblé (détails)

… A suivre : Visiter le Sertão…

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