Bruits de bottes au pays des tongues Le Brésil et les 50 ans du coup d´Etat militaire

Le 31 mars 1964 une junte militaire défait le président de la république et installe dès le 11 avril un général au pouvoir. 50 ans après, le Brésil, qui n´a toujours pas réglé ses comptes avec l´histoire, se remémore ce sombre épisode. 

Question – On entend très peu parler de la dictature militaire au Brésil, pourtant cette année le pays commémore les 50 ans du coup d´Etat. Que s´est-il passé?

Bruno Guinard – Tout d´abord une chose est certaine, les commémorations du coup d´Etat ne sont pas une fête. Personne n´en garde un bon souvenir ; principalement les familles de victimes de la dictature, qui demandent des comptes et exigent la punition des coupables. Quant aux militaires, à l´exception de quelques uns, ils se cachent derrière l´argument qu´ils ontsauvé le pays du communisme.

Venons-en aux faits : une présidence militaire a été instaurée dès le 11 avril 1964 (il y a tout juste 50 ans) avec la nomination du général Castelo Branco comme chef d´Etat. Après lui, 4 autres généraux (Costa e Silva, Medici, Geisel, e Figueiredo) se succéderont et cela jusqu´en 1985, date du retour des civils au pouvoir. Ce qui a rendu moins « célèbre » la dictature brésilienne, si on la compare avec ses voisines argentine et chilienne, c´est qu´au Brésil elle a essayé de prendre des airs de démocratie ; d´une part en se faisant discrète, mais surtout en maintenant des civils dans les hautes sphères de l´Etat et au parlement. De plus, ici la junte pouvait compter sur de puissants alliés dans la société privée, comme certaines élites à la tête des principaux business et les politiciens qui les représentaient. A cela s´ajoute les « arrangements » que les généraux ont réussi à mettre en place avec le pouvoir judiciaire et législatif, tenus eux par des civils.

Coté marketing, la junte militaire s´est toujours arrangée pour faire passer le message d´une intervention demandée par le peuple. Sur cet aspect, ce qui s´est passé au Brésil ressemble beaucoup au Chili de 1973 avec la chute de Salvador Allende et la prise de pouvoir par Pinochet qui s´est présenté en « sauveur du peuple ». Comme au Chili, le Brésil était gouverné par un président de gauche, João Goulart dont le parti  était le PTB (parti des travailleurs du Brésil, à ne pas confondre avec le PT, actuellement au pouvoir). João Goulart, connu populairement comme Jango, était le vice président du président de la république Jânio Quadro. Celui-ci ayant renoncé à sa présidence en 1961, c´est son vice qui le remplace, comme c´est toujours le cas dans la constitution brésilienne. Cette même année, João Goulart devient ainsi présidentet essaye d´implanter des mesures sociales qui déplaisent aux élites.Le contexte économique du Brésil n´est pas brillant, l´inflation atteint les 80% par an, les infrastructures sont précaires, surtout les réseaux de distribution d´eau et électricité. L´agriculture s´oriente essentiellement vers l´exportation, négligeantl´approvisionnement local, certaines denrées de base commencent à manquer, dont le sucre. Des grèves et manifestations populaires s´organisent un peu partout dans le pays. Des signes de virage à gauche inquiètent les élites et les généraux, comme par exemple le voyage en Chine populaire du président et de Leonel Brizola (figure politique du Brésil et de l´International Socialisme), lui aussi membre du PTB et proche de João Goulart. Les militaires et l´élite profitent de l´occasion, alléguant éviter le chaos,ils prennent le pouvoir et y resteront jusqu´en 1985.

Question – Sans ingérence extérieure et sans résistance ?

BG – Bien sûr il y avait le contexte international de l´époque, on était en pleine Guerre Froide, les Etats-Unis redoutaient l´installation d´un régime proche de Cuba au Brésil, ils étaient donc favorable au coup d´Etat. Ils ne l´ont pas provoqué mais l´ont appuyé. Craignant même que le coup d´Etat ne se passe pas comme prévu et dégénère en guerre civile, ils ont placé une flotte dans la baie de Rio et se tenaient prêts à intervenir en cas de besoin. Cette appui logistique, connu comme l´opération « Brother Sam » n´a finalement pas été nécessaire, mais les Etats-Unis étaient présents. Le président Goulart en était conscient et c´est sans doute l´une des raisons qui l´a poussé à ne pas résister au putch, car une partie de son Etat-Major et des militaires lui étaient restés fidèles et prêts à se battre. Goulart a voulu éviter le bain de sang.

Cette opération de « soutien logistique » américaine sera ensuitefacturée 2,3 millions de dollars au gouvernement brésilien. C´est le début d´une dette internationale dont le pays mettra 40 ans à s´acquitter !

Quant à la résistance, elle s´organise tout d´abord en guérilla dans la région de Araguaia (sud de l´Amazonie) puis sous forme de guérilla urbaine. La guérilla d´Araguaia se termine très vite par le massacre des combattants, par contre la guérilla urbaine va se battre jusqu´à la loi d´amnistie. Ses pratiques se réduisaient surtout à des attentats contre des cibles militaires et policières et par ailleurs elle faisait sauter des banques pour se financer et commettait régulièrement des enlèvements de hauts fonctionnaires et diplomates afin de les échanger contre des prisoniers.

Ce qu´il faut souligner aussi, c´est qu´une partie des militaires n´a jamais accepté le coup d´Etat et était restée fidèle à João Goulart. Ça peut paraitre paradoxal, mais ce sont ces militaires opposés à la dictature, qui ont payé le plus lourd tribu à la répression. On sait qu´au moins 7.500 militaires ont été victimes de la dictature.

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Photos ci-dessus : arrestations sous la dictature.

Question – Quel est le bilan de ces 21 ans de dictature ?

BG – Le bilan est de toute façon négatif, quoi qu´en disent les défenseurs du coup d´Etat. La dictature n´a rien apporté au pays, au contraire, elle l´a privé des libertés les plus basiques, elle a instauré la censure, la torture,  l´exécution des opposants, elle a provoqué l´exil d´une grande partie des intellectuels et des artistes du pays et supprimé les droits civiques, elle a même fermé le congrès pendant l´année qui a suivi le coup d´Etat.De ce coté donc, rien de défendable dans le bilan.

Sur le plan économique c´est aussi la catastrophe, les généraux ont implanté un capitalisme radical dirigé par l´Etat et pratiqué un favoritisme total envers les grosses sociétés qui leurs étaient favorables. Ils dirigaient ainsi les marchés. Dans les années 70, principalement pendant la période du géneral Geisel, les généraux lancent le paysdans les chantiers de grande envergure, parmi les plus connus la route Transamazonienne, le pont Rio-Niteroi (14 km au dessus de la baie de Rio), les grands barrages, etc, etc. Des chantiers pharaoniques qui dépassent vite les capacités gestionnaires et financières du Brésil. L´Etat s´embourbe dans la burocratie qu´il a lui même implanté par pure incompétence et paranoïa en obligeant chaque service à controler l´autre, ce qui s´est traduitpar une inefficacité à gérer le pays et faire face financièrement aux mégas projets engagés. Sans moyens suffisants, le pays emprunte alors à l´étranger, c´est l´engrenage de la dette. Le contexte favorise la corruption, car devant la banqueroute généralisée chacun essaie d´assurer ses arrières. A cela s´ajoute le premier choc pétrolier, auquel le pays ne s´était pas du tout préparé. Il se passe alors un phénomène assez inattendu, devant l´état de la gestion économique du pays, le modèle américain, jusque là encensé par les généraux et les économistes à leur solde, est remis en question. Les généraux décident que le partenariat avec les Etats-Unis n´apportent rien, ou pas assez, au pays, ils essayent alors de tourner vers d´autres partenaires et tapent aux portes de l´Europe. Mais l´ambiance est à la méfiance. Sans aucun état d´âme,  les généraux engagent alors le dialogue avec la Chine et l´URSS, sans resultats. Afin de minimiser le choc pétrolier, ils finissent par passer quelques accords avec des dictateurs de pays producteurs, tel que l´Iraq. Enfin, voyant que cela ne résoudra pas les problèmes énergétiques du Brésil, ils se lancent dans le plus grand secret dans des tractations avec l´Allemage de l´est pour s´équiper en technologie nucléaire et entrer dans le club des pays qui dominent l´atome. A priori le Brésil visait le nucléaire civil, de fait, il implante la centrale de Angra, toujours en activité aujourd´hui, sur la côte entre Rio et São Paulo.

Avec toutes ces initiatives malheureuses, les militaires n´ont réussi qu´une chose, se mettre à dos même leurs plus proches alliés, comme les Etats-Unis, tout en ne parvenant pas à conclure d´autres alliances. Ils ont ainsi fait passer l´image d´un pays peu confiable.

La seule réussite des années 70, c´est peut-être le programme Pro-Alcool (éthanol), qui, pour parer au choc pétrolier, permet le développement d´un combustible de substitution, l´alcool produit à partir de la canne à sucre. L´industrie automobile locale va suivre et à la fin des années 70 et pendant la décennie de 80, la quasi totalité des voitures brésiliennes fonctionnent avec des moteurs à alcool.

Dans les années 80, ce sont les civils qui vont payer les pots cassés d´une économie de 21 ans de dictature. L´inflation galopante frôle les 100% par mois et la dette extérieure est la plus importante du monde, avec celle du Mexique. Le Brésil n´arrive même pas à en payer les intérêts. Il faudra attendre la seconde moitié des années 90 pour commencer à stabiliser la situation économique du pays.Ça c´est pour le bilan économique.

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« A bas la dictature » photo des années 80.

Question – Quel autre héritage de la dictature ?

BG – Je dirais la violence des institutions, et c´est sans doute plus important que l´économie, car elle au moins, on a réussi à le remettre sur les rails. Ce qu´on a pas réussi à changer c´est le fonctionnement de la justice et de la police, et la violence que cela génère pour la société. D´un coté l´impunité et de l´autre l´inefficacité, cela nous mène à un taux d´homicides parmi les plus hauts du monde, 50.000 homicides par an (à titre de comparaison la Guerre du Viêt-Nam a tué 58.600 soldats américains, en dix ans d´intervention !).

Bien sûr la violence au Brésil puise ses racines au-delà de la période dictatoriale, elle nous vient de la colonisation et de l´esclavage. Mais la dictature, en pleine ère moderne, a institué un système policier violent. Le Brésil possède trois polices, la militaire, la civile et la fédérale. Seule la police fédérale a réussi a évolué vers une organisation plus compétente, plus humaine et plus intègre. C´est d´ailleurs cette police qui a permis récemment de lever le voile sur bons nombres d´affaires de corruption. Les deux autres polices fonctionnent comme au temps de la dictature, sur les mêmes bases, à savoir la présomption systématique de culpabilité, qui entraine les intérrogatoires musclés, la torture et les exécutions. Il faut savoir que 20% des homicides au Brésil sont provoqués par la police, ce qui fait quand même une moyenne de plus de 830 par mois, c´est énorme et l´on comprend pourquoi, même en tant que plaignant et innocent, on y regarde à deux fois avant de passer les portes d´un commissariat. Il y a d´ailleurs un proverbe au Brésil qui en dit long sur l´image que la population a de sa police « il faut garder égale distance du policier que du bandit ».

A l´époque des militaires la police était couverte, elle pouvait pratiquer la répression sans que personne n´ose s´en plaindre. Quant à la justice, de la même façon personne n´osait aller se plaindre d´éventuels vices de fonctionnement des autorités. L´impunité était donc totale, la justice et la police étaient au solde des dirigeants et cet état de fait a perduré jusqu´ici ; même s´il faut souligner certains changements depuis quelques années au sein de la justice, qui ont permis de révéler au grand jour des affaires de corruption, la justice n´est toujours pas suffisamment indépendante.

Quant à la police, elle reste largement inefficace, à peine plus d´un pour cent des enquêtes mène à un coupable. A cela s´ajoute la question carcérale, elle aussi très violente, les prisons sont bondées et les infrastructures précaires, manque de place, jugements interminables et absence de programmes de réinsertion. Bien sûr depuis 1985 on aurait pu faire quelque chose, mais personne n´a osé s´attaquer à la police et ça c´est l´héritage directe d´un traumatisme provoqué par la dictature.

Enfin, il est certain que la période militaire a fait encore plus de mal en profondeur, car toute une génération a vécu sous une chappe de plomb (on appelle ici cette période « anos de chumbo »). La dictature consciente des difficultés à controler un pays aussi vaste et aussi peuplé, a effectué un véritable lavage célébrale en tenant les médias et surtout la télévision ; l´abrutissement total doublé d´un système éducatif médiocre, il n´en fallait pas plus pour créer un peuple qui ne pose pas de questions. Le Brésil a donc perdu beaucoup de temps, le temps d´une génération en tout cas, et ça c´est aussi l´héritage de la dictature.

Question – C´est donc le bilan économique qui a fait chuter la dictature, comment cela s´est il passé ?

BG – Le facteur économique a été important en ce sens qu´il avait été la raison de base de l´implantation d´un régime militaire. En tout cas c´est l´idée que faisait passer la dictature, que sans elle le pays serait devenu comme Cuba, avec toutes les privations sur la consommation qu´on attribut au régime castriste. Mais devant les piètres résultats économiques de leur gestion, les militaires n´avaient plus grand chose qui justifiait leur présence au pouvoir. D´autant qu´ils n´avaient pas résolu les problèmes d´infrastructures de base, transports, santé, éducation, qu´ils n´avaient fait qu´augmenter le taux d´inflation , l´exode rural, et les disparités sociales,avec toutes les conséquences que cela engendre sur l´économie et le quotidien des gens. Sentant leur fin prochaine, les militaires ont alors proclamé une loi d´amnistie en 1979. Celle-ci permettait le retour au pays des exilés politiques et une certaine ouverture aux droits civiques. Les militaires ont alors prévu dans cette loi leur propre protection, c´est à dire que de la même façon qu´on ne poursuivrait pas les opposants politiques, on ne poursuivrait pas non plus les militaires en cas de passation du pouvoir aux civils. C´était vraiment l´amnistie générale ! C´est d´ailleurs cette loi qui empêche jusqu´à aujourd´hui le Brésil de régler ses comptes avec les militaires.

Après 1979, un processus de redémocratisation est engagé,  sous surveillance militaire certes,  mais engagé quand même. C´est le dernier règne d´un général, João Baptista Figueiredo qui quittera la présidence en 1985. Mais tout n´est pas aussi limpide que ça n´y parait, car dès 1984 le peuple descend dans la rue et exige des élections au suffrage universel, c´est le mouvement des « Diretas Já ». Malgré ce mouvement massif, il faudra attendre 1990 pour que le pays connaisse sa première élection présidentielle au suffrage universelle. En 1985, le président civil Tancredo Neves avait été élu par les grands électeurs et les militaires avaient « suggéré » son vice en la personne de José Sarney, un politicienprêt à tous les compromis. Comme par hasard, le président Tancredo Neves meurt dans les semaines qui suivent son élection (au Brésil il y a une période de passation de 90 jours). C´est donc son vice, José Sarney, qui prend sa place et qui restera président jusqu´en 1990. A noter au passage que ce monsieur est aujourd´hui président du sénat. Il a traversé toutes les périodes depuis la dictature, a conclu des accords avec tous ceux qui lui permirent de se maintenir proche du pouvoir, y compris Lula, son ennemi d´autrefois.

On peut donc considérer que la période entre 1985 et 1990 est une période de transition et de redémocratisation du pays. C´est au cours de cette période, en 1988, qu´est approuvé la nouvelle constitution du Brésil. Les changements économiques surviendront quant à eux à partir de l´élection du premier président au suffrage universel, Fernando Collor de Melo, comme par exemple la levée des taxes douanières de 300% sur les importations.

Question – Et toujours aucune poursuite contre les militaires ?

BG – Jusqu´ici aucune, d´une part  ils sont protegés par cette loi d´amnistie de 1979, d´autre part aucun pouvoir civil en place depuis le retour de la démocratie n´a osé s´attaquer à ce dossier, car si on le voulait vraiment il serait possible de revenir sur cette loi, qui au final a été approuvée en dehors d´un cadre démocratique. Ceci dit, des mouvements en faveur de poursuites sont nés ces dernières années, car c´est de l´histoire récente, beaucoup de victimes de la dictature sont toujours en vie, tout comme les proches des disparus. Ces gens, qui sont directement concernés par les crimes de la dictature, exigent l´ouverture d´enquêtes et la traduction des tortionnaires devant la justice. On estime quand même à plus de 100.000 les victimes de la dictature,dont une grande partie de disparus desquels les familles n´ont aucune trace, plus environ 10.000 exilés politiques. C´est un gros dossier. Là aussi, le Brésil se démarque de ses voisins argentins et chiliens, qui ont eux engagé des poursuites contre les responsables militaires de leur dictature.

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Des familles exhibent des photos de victimes.

Devant la protestation populaire, le gouvernement a créédernièrement une comission pour la vérité (Comissão Nacional da Verdade). Car, pour ces victimes, il est inadmissible que des militaires de haut grade et responsables des tortures soient toujours libres et puissent vivre normalement. Sans parler des cinqs généraux qui se sont succédés à la tête de l´Etat, tous morts tranquillement dans leurs lits à des âges avancés. Aujourd´hui, certains hauts gradés, ont d´ailleurs pignon sur rue, ils sont actifs au sein du très sélect cercle militaire (Clube Militar). Récemment des manifestations ont eu lieu devant le siège de ce cercle à Rio, mais jusqu´ici le gouvernement fait la sourde oreille et tout indique qu´il fera tout pour retarder toute révision de la loi d´amnistie.

Il est ainsi très surprenant que sous un gouvernement dirigé par une présidente ancienne guérillero, et elle aussi victime de la torture, les choses en soient restées à ce stade. Le silence domine, mais il en dit long sur les liens profonds qui, au Brésil, unissent le pouvoir civil aux militaires. Il est vrai quedepuis la guerre du Paraguay (1864-1870), les militaires ne se sont jamais vraiment éloignés du pouvoir, l´histoire du Brésil moderne est d´ailleurs entrecoupée de périodes autoritaires.

Aujourd´hui, malgré les apparences, nous sommes toujours dans un processus de démocratisation,mais les institiutions restent autoritaires dans leur fonctionnement, les citoyens ne sont pratiquement jamais consultés pour des décisions qui souvent les concernent directement, on vérifie cela tous les jours, ne serait-ce qu´au niveau municipal. Bien sûr il y a des élections, et elles sont totalement libres, mais elles servent à élire des politiciens qui ne font que perpétuer le système autoritaire.

Il est tout de même curieux de constater que tous les gouvernements civils qui se sont succédés depuis 1990 se soient réfugiés derrière l´argument qu´il est préférabled´avoir les militaires comme alliés que comme ennemis. Un tel raisonnement prouve en tout cas qu´une certaine peur de l´armée persiste chez les gouvernants, et l´on peut se poser la question de savoir jusqu´à quel point c´est nocif au bon fonctionnement de la démocratie ;

car c´est de toute façon le signe d´une certaine immaturité des institutions,  surtout dans un pays où  les risques d´un coup d´Etat sont quasiment nuls. Mais l´armée est là, on la consulte, et on la sollicite en cas de coup dur.

Le plus bel et le plus récent exemple est celui de la Coupe du Monde de football de cette année, devant la gronde populaire et les manifestations qui perdurent depuis juin dernier, et qui menacent de troubler le déroulement de la Copa, la présidente Dilma, celle-là même qui a été torturée sous la dictature, a fait appel à l´armée pour maintenir l´ordre.

Il semble donc encore loin le temps où les militaires de la dictature brésilienne rendront compte de leurs crimes.

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Manifestations à Rio devant le cercle militaire pour demander le punition des tortionnaires.

 

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