Le fromage de Hollande

Le président français François Hollande vient de passer deux jours au Brésil, avant de gagner la Guyane. Première retombée économique de cette visite, le Roquefort, faisant état jusqu´ici d´une interdiction de la part des autorités sanitaires brésiliennes, pourra désormais être importé. Les raisons évoquées jusqu´ici pour son interdiction était le lait cru utilisé pour sa fabrication.

Bien entendu, ce n´est certainement pas le Roquefort qui va peser lourd dans la balance commerciale des deux pays. Mais François Hollande n´est pas rentrée bredouille, plusieurs accords commerciaux ont été signés, parmi lesquels la construction d´une ligne de métro à São Paulo, reliant l´aéroport international de Guarulhos à l´est de la ville, pour un montant de 300 millions d´Euros. Dans l´autre sens, un consortium d´entreprises brésiliennes va construire un buziness center dans la zone de l´aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Des investissements brésiliens en France qui s´élèvent à 650 millions d´Euros et permettront la création de 2.500 emplois en France.

Les deux pays espèrent doubler leurs échanges commerciaux d´ici 2020 (actuellement les investissements français au Brésil s´élèvent à deux milliards d´Euros), mais il faudra pour cela lever quelques obstacles, parmi lequels le blocage de la France, qui craignant pour son agriculture fait retarder les négociations et la signature d´accords d´échanges commerciaux entre l´Union Européenne et le Mercosul (marché commun sud-américain). D´autre part, le président français a relancé ledossier de la vente de 36 avions Rafale à l´armée de l´air brésilienne. A l´époque de Lula, le président Sarkozy avait lancé publiquement la confirmation d´achat, alors que le Brésil n´avait toujours pas décidé entre les trois concurrents (Dassault, Saab, et Boeing). Aujourd´hui, en raison de l´espionnage des Etats-Unis sur le Brésil, c´est le froid qui domine les relations entre les deux pays. Cela pourrait bien servir les intérêts de la France sur ce dossier, mais que la France ne se réjouisse pas trop vite, rien n´est joué, le Brésil a annoncé juste après le départ du président Hollande qu´il optera très certainement pour les avions suèdois de la Saab.

Mais qu´on se console, il restera l´admiration de François Hollande pour la dette publique du Brésil, seulement 30% de son PIB, alors que celle de la France est à 94,3%. Il ajoutera « Le Brésil, membre du G-20, n´est plus un pays émergent, c´est un pays qui a émergé, et qui rivalise aujourd´hui avec les pays européens ».

fromage de hollande

Photo :Roberto Stuckert Filho/PR

Bourses d´études et visas 

Parmi toutes les promesses d´accords commerciaux (et le retour du Roquefort dans les épiceries fines du Brésil !), un accord assez inovateur a été signé entre les deux pays. Il s´agit d´un accord appelé « tourisme-travail » permettant aux jeunes brésiliens et français, entre 18 et 30 ans, de séjourner et de travailler partiellement dans le pays pour une durée d´un an. Jusqu´ici, le temps de séjour dans les deux pays se limitait à 90 jours et avec interdiction de travailler. La mesure devrait entrer en vigueur dès 2014. D´autre part, la France s´est engagée à accueillir dix mille bousiers brésiliens du programme « Sciences sans Frontières » jusqu´en 2015 et doubler ce chiffre dans les années à venir. Le but étant de former des chercheurs de haut niveau.

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