Le Brésil, un pays 100% télévisé

On ne peut pas aborder la société brésilienne sans parler de la télévision.Elle est omniprésente dans la vie des gens, à tel point que certains disent que cela vient de l´époque de la dictature ; que pour empêcher les gens de refléchir les militaires donnaient une télé à tout le monde. Plus efficace et moins couteux que d´armer des milices ! Plus sérieusement, des sociologues ont dit que le Brésil est une société sous hypnose.

Alors la télé brésilienne c´est quoi ?

Le Brésil, il est vrai,compte parmi les six pays les plus accros de télé dans le monde (avec les USA, l´Inde, la Chine, le Malaisie, et la Turquie). Il faut dire qu´avec deux téléviseurs par foyer (moyenne nationale), la télé est partout. On la trouve dans les magasins, dans les restaurants, les bars populaires, dans les salles d´attente en général, et même au beau milieu des réserves indiennes en pleine Amazonie. Rien d´étonnant puisqu´avec 2590 émetteurs, on capte les réseaux sur quasiment 100% du territoire. L´Etat ne possède que 5 chaines fédérales (nationales), et en plus des 18 chaines « grand public » gratuites, une trentaine sont régionales et une cinquantaine d´autres spécialisées. Il y a donc en tout 270 chaines, dont près de la moitié sont payantes, pas de quoi s´ennuyer !

Tout le monde connait la Globo, elle si situe où dans tout ça ?

La Globo est la méga chaine privée, commerciale et grand public du pays. Dans le grand bal de l´audiovisuel c´est elle qui mène la danse, qui dicte le rythme et qui choisi le costume et les partenaires ! Elle ne reçoit aucune influence de rien ni de personne, l´influence c´est elle, elle la créer, la diffuse et la commercialise. Ceci dit rien n´est immuable, si jusqu´à la moitié des années 2000 elle dominait tout, on assiste depuis quelques années à une chute constante et significative de son audience. Depuis 2012 en effet, la Globo est passée sous la barre des 20% d´audience. Bien sûr, avec 270 chaines ce pourcentage représente toujours la part du lion. Il n´en reste pas moins quepour rester le premier groupe médiatique du Brésil (et le second du monde) la géante Globo a du se diversifier et se démultiplier. L´élargissement de la concurrence ces dernières années, principalement les chaines payantes (qui sont passées de 4 millions d´abonnés en 2003 à près de 15 millions en 2013), explique en grande partie cette perte d´audience.

Elle est donc menacée ?

Non,le groupe Globo se porte à merveille, surtout financièrement. Il a su diversifier ses investissements et accompagner les transformations du marché de l´audiovisuel. La chaine canalise la majeure partie des annonces publicitaires, exporte ses télénovelas et séries dans 120 pays, presque la moitié des chaines du Brésillui sont affiliées (dont 30 payantes). Cela en plus de la presse écrite, des radios, et du coté musical elle possède le plus gros studio d´enregistrement d´Amérique du sud.. On évalue son patrimoine à 17 milliards d´Euros et en 2012, le groupe Globo a dégagé deux milliards d´Euros de bénéfices. Ce n´est peut-être pas un hasard si parmi les dix hommes les plus riches du pays, trois sont les frères Marinho, propriétaires et dirigeants du groupe Globo !

Et le contenu ?

La Globo est une chaine généraliste, elle diffuse un peu de tout, des films, des journaux télévisés, des programmes pour les enfants, du sport, des reality shows avec des jeux idiots où les gens gagnent des millions sans rien faire, elle retransmet les grands évênements nationaux et mondiaux, finalement comme toutes les grandes chaines commerciales du monde. Ce qui la différencie certainement de beaucoup d´autres chaines, outre son gigantisme, c´est qu´elle mobilise les soirées avec trois novelas diffusées entre 18h00 et 22h00, les meilleures heures d´écoute et c´est là justement que son audience est au plus haut. Il faut aussi préciser que ces novelas sont produites par elle, en grande partie dans ses immenses studios de Rio. Par ailleurs elle a les animateurs les mieux payés du pays, dont certains sont des piliers de la chaine depuis plus de 25 ans, c´est le cas de Xuxa Meneghel, animatrice et productrice de programmes destinés aux enfants, elle est à la Globo depuis 1986. Ou encore Faustão, qui mobilise l´antenne Globo tous les dimanches et pour toute la journée avec son Domingão do Faustão (grand dimanche de Faustão). Autre animateur vedette Luciano Huck, marié lui-même à une autre animatrice de programmes pour enfants, Angélica. Ou encore Ana Maria Braga, avec un programme matinal pour femmes au foyer. Tout cela pour des programmes populaires de divertissement, on y apprend pas grand chose, mais on rit, on pleure, on danse, on s´extasit, on s´indigne, et on rêve. Enfin, il ne faut pas oublier la pub, tous les programmes, y compris les journaux télévisés, sont entrecoupés de flash publicitaires qui débarquent sans s´annoncer, et cela toutes les dix minutes ! Pour un non initié, cette télé brésilienne est d´une cacophonie invraisemblable, et ce qui est très fort c´est que le public s´y retrouve. Moi j´ai toujours le sentiment d´assister à la bande-annonce du programme, alors qu´en fait c´est déjà le programme. Si la bande-annonce est passée, c´était au milieu des pubs, je ne l´ai pas vu !

La Globo a donc changé ?

Ce qui a changé depuis quelques années c´est qu´elle n´exerce plus autant son diktat sur la population. Elle reste un modèle de fonctionnement pour les autres chaines, mais le pays a beaucoup évolué, le monde a changé, les technologieset la concurrence se sont multipliés. La Globo, tout comme les autres chaines, s´adapte à cette nouvelle donne et, à mon avis, chacun y trouve son compte, les chaines et aussi le public. La Globo sait qu´il faut être partout, elle a donc ses chainesspécialisées, certaines moins commerciales que d´autres, dont quelques unes de bonne qualité. C´est le cas par exemple de la Globo News (à l´opposé de la Globo des novelas), chaine payante spécialisée sur les infos. Elle fonctionne avec des reportages, des débats, et des journaux d´informations nationales et internationales. La pub y est moins fréquente, les journalistes comptent parmi les meilleurs du pays et les débats liés à l´actualité y sont en général d´un très bon niveau.

1 Comment

  • Alain dit :

    Comme beaucoup de pays d’Amérique latine… en Bolivie ils sont totalement lobotomisés par des programmes plus mauvais les uns que les autres…

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