Le Sud du Brésil

C´est la plus petite et la plus méridionale des cinq régions du Brésil. Elle est composée de trois Etats, le Paraná (où se trouvent les chutes d´Iguaçu), le Santa Catarina, et enfin le Rio Grande do Sul, Etat frontalier avec l´Uruguay et l´Argentine.

Ce qui caractérise cette région c´est avant tout son très haut niveau de développement, son climat tempéré, et sa population, en large majorité composée d´émigrants européens. Historiquement, une grande partie de la région a longtemps été disputée avec l´Espagne pendant la période coloniale. Selon le traité de Tordesillas (1494), cette zone revenait à la couronne d´Espagne, déjà bien implantée dans la partie du Rio de la Plata. On retrouve donc dans le Rio Grande do Sul, une culture gaucha (des Gauchos) brésilienne, en tout semblable à celle de l´Uruguay et de l´Argentine. C´est la région des churrascos et du maté (le thé des Guaranis), que l´on appelle chimarrão au Brésil.Économiquement c´est une des grandes régions agricoles du pays. De par sa position géographique, elle joue aussi un rôle central dans le Mercosul (marché commun du cône sud). Les principales villes sont les capitales d´Etats, Curitiba, Florianopolis, et Porto Alegre, cette dernière mondialement connue pour les rencontres du mouvement altermondialiste.

Mon avis sur le coté touristique

La région possède un front de mer sur l´Atlantique, avec de belles plages et d´importantes stations balnéaires, surtout fréquentées par les gens de la région et les voisins argentins. Il existe peu de vestiges historiques, comme par exemple le port de Paranaguá, ou encore les ruines des missions jésuites sur la frontière coté Paraguay.Mais dans l´ensemble cette région n´attire pas les touristes étrangers, qui recherchent plutôt la chaleur et le pittoresque du nordesteou du nord. En revanche, les Brésiliens aiment découvrir cette région qui rappelle la vieille Europe. C´est sans doute pour cette raison que les professionnels du tourisme des pays du nord ne vantent pas les beautés de cette région du sud du Brésil. Il est vrai aussi, qu´en raison du climat les séjours y sont limités. Il peut y faire froid, et même très froid, en gros de mai à septembre.Pour les amateurs d´ambiance européenne, le Rio Grande do Sul, qui a reçu une importante émigration italienne, offre une beau circuit de la « Route des Vins », pas très exotique, mais les paysages du massif de la Serra Gaucha valent la peine, attention il peut y faire très froid en hiver, avec des gelées et même de la neige. Plus au  nord, dans le Santa Catarina, on peut toujours se plonger dans la grande fête de la bière Oktoberfest, tradition perpetuée par les descendants d´Allemands.

Coté plages, les côtes y sont très variées, des dunes de sable aux criques verdoyantes, on est parfois surpris d´y trouver encore des plages presque désertes, mais ne rêvons pas trop, les eauxsont plutôt froides dans la région. En fin, la région sud est bien équipée en bons hébergements, que ce soit sur la côte ou dans l´arrière-pays. Le réseau routier est bien développé et toutes les villes sont désservies par des compagnies d´autocars, on y voyage donc assez aisément, en tout cas plus rapidement et plus confortablement que dans le reste du pays.

Les chutes d´Iguaçu

C´est le site touristique le plus connu de cette région, le second visité au Brésil (après Rio), et certainement l´un des plus spectaculaire du monde.Il parait même que lorsque madame Roosevelt y est passée dans son périple en Amérique du sud, elle se serait écriée en voyant les chutes d´Iguaçu « pauvre Niagara !». C´est peu dire.

Les chutes se trouvent sur la rivière Iguaçu, qui elle-même se jette dans le fleuve Paraná (qui a donné son nom à l´Etat). L´Iguaçu fait la frontière entre le Brésil et l´Argentine, et si 80% des chutes se trouvent sur le territoire de ce pays, c´est en revanche du coté brésilien qu´on a la plus belle vue de l´ensemble. Ce sont 275 chutes qui forment un rideau de près de 2 km d´extension et de 70 m de hauteur. La partie la plus haute et la plus impressionnante est la Garganta del Diablo, que l´on approche par une passerelle du coté argentin. Et pour donner encore plus de dimension à cet incroyable spectacle, les chutes se trouvent au beau milieu d´un parc naturel. C´est donc un mélange d´eau et de forêt, où l´on rencontre aussi pas mal d´animaux, des iguanes, des papillons, et aussi des coatis, ces drôles et curieuses bestioles qui n´hésitent pas à fouiller dans les sacs si on les laisse faire.

Si un guide traine dans le coin, il se fera un plaisir de vous montrer l´endroit où a grimpé la doublure de Robert de Niro pour le film Mission. Ce film raconte l´épisode historique de l´expulsion des Jésuites et de la destruction de leurs missions en cette terre des Indiens Guaranis. Iguaçu d´ailleurs, en langue guarani signifie « les grandes eaux ».

Pour se loger, seul le très chic hôtel Das Cataratas, se trouve dans le parc et face aux chutes. Sinon, il faut sortir du parc pour se loger. La route qui mène à la ville de Foz do Iguaçu regorge d´hôtels et de resorts. Il y a également quelques hôtels dans le centre de Foz do Iguaçu, mais comme la ville ne présente aucun intérêt on préfèrera se rapprocher des chutes.

Les environs

Si la  ville de Foz do Iguaçu, ne présente aucun intérêt, c´est toutefois par elle qu´il faut passer si l´on décide de voir ce qui se passe du coté paraguayen. Le Brésil et le Paraguay sont séparés par le fleuve Paraná et c´est à cet endroit que se trouvent les deux grosses villes, du coté brésilien Foz do iguaçu et du coté paraguayen Ciudad del Este. On y accède par un grand pont où se bouscule des centaines de piétons qui passent d´un pays à l´autre pour acheter et revendre tout le bric-à-brac de Ciudad del Este, zone franche et aujourd´hui seconde ville du Paraguay. Ce gigantesque marché à ciel ouvert est un endroit très pittoresque, même s´il a perdu pas mal de son intérêt commercial depuis la création du Mercosul (marché commun du cône sud), c´est toujours lá que va s´approvisionner la majeure partie des camelots qui vendent cette marchandise bon marché dans les rues et que l´on  retrouve dans tout le Brésil.

En arrivant à Ciudad del Este le décalage économique entre les deux pays saute aux yeux, ce commerce, pour ne pas dire ce trafic, étant une des principales activités économiques de ce pays qui comptent parmi les plus pauvres de l´Amérique latine.

En amont de Foz do Iguaçu, il est aussi possible de visiter le barrage d´Itaipu, situé sur le fleuve Paraná. Personnellement je ne trouve aucun intérêt à cette visite, sauf bien sûr pour les admirateurs de grands chantiers et de perfomances technologique. Itaipu est le second plus grand barrage du monde (après celui des Trois-Gorges sur le Yangtsé en Chine), c´est six fois le barrage d´Assouan, et il fourni de l´énergie électrique à toute la région, jusqu´à São Paulo. La mise en eau s´est faite dans les années 80, et sur place on nous vante les mérites de cette immense réalisation, qui non seulement aurait créé des activités économiques au bénéfice des habitants des alentours, dont on a inondé les terres et les maisons, mais aussi pour l´environnement, car c´est bien connu, un barrage c´est écologique !

En tout cas, pour la réalisation de ce projet, il a fallu négocier avec le Paraguay, puisqu´il se trouve sur l´autre berge du fleuve. Le Brésil a donc construit le barrage pour les deux pays à partir d´un accord où il conservait toute la production d´énergie pendant trente ans. Aujourd´hui, le Paraguay reçoit sa part d´énergie. Comme il n´en a pas l´utilité pour ses besoins internes, cette énergie est rachetée par le Brésil.

Les mauvaises langues disent que le Paraguay s´en tire toujours bien dans les affaires avec le Brésil, pour le barrage il a fourni une berge. C´est un peu comme le pont, dit dede l´Amitié, qui relie les deux pays entre Foz do Iguaçu et Cuidad del Este, on sait que le Brésil a fourni le pont, et l´on dit que le Paraguay aurait fourni l´amitié !

Mon expérience du sud

C´est la région par laquelle je suis entré au Brésil et où j´ai passé mes premiers six mois dans ce pays. A cette époque je l´ai parcouru de long en large, et il faut bien l´avouer très souvent aussi de travers. Aujourd´hui, avec le recul, je pense que le sud était une bonne transition avant de monter au nord. Au fond, en tant qu´Européen je n´étais absolumment pas dépaysé dans cette région. Cela m´a permis de faire une longue pose dans mes errances sud-américaines, d´y acquérir une bonne base de la langue, et d´une façon générale me familiariser avec le pays.

Bien sûr, ce qui m´a tout de suite frappé dans cette région c´est la présence de tous ces descendants d´émigrés du monde entier, des Européens, surtout Italiens et Allemands mais aussi d´Europe de l´est, des Russes, des Polonais, des Hongrois, puis des Turques, des Libanais, des Syriens, et bien d´autres encore. Même si dès la fin du XVIIIe ce sont des Açoriens qui ont été envoyés par le Portugal pour coloniser ces terres du sud du Brésil, c´est la présence italienne et allemande qui a le plus influencé la région. Mais je reviendrai sur ce peuplement du sud du pays sur ce blog, car il mérite vraiment de s´y arrêter plus longuement.

Aujourd´hui je vais peu dans cette région, même si j´en garde un souvenir profond et chaleureux, ma vie et mes intérêts sont ailleurs. Alors à tous les curieux de Brésil je ne peux ni conseiller, ni déconseiller cette région. Elle ne manque certainement pas d´intérêt, mais comme je l´ai dit plus haut ce n´est pas ici qu´il faut chercher le dépaysement, ni la chaleur !

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