L’île de Boipeba

Boipeba
Boipeba, la plage du village

Boipeba dans la langue des Indiens ça signifie « serpent à tête plate ». On ne sait pas à quel reptile cela correspond mais on suppose que ça pourrait être des tortues. En tout cas aujourd’hui c’est le nom de cette île située sur le littoral de Bahia, à moins de 100 km de Salvador à vol d’oiseaux. J’avoue que bien souvent j’ai rêvé que l’île reprenne le véritable sens de son nom, l’île des serpents à têtes plates. Juste pour faire peur aux touristes. C’est vrai que c’était pas sympa, mais j’ai longtemps voulu la garder pour moi tout seul cette île. C’est dire combien elle est belle. Bien sûr au fil des ans elle a un peu souffert, la compagnie des pétroles brésiliens y a chercher des nappes de gaz sous-marines, puis des étrangers riches et en mal d’exotisme ont rêvé d’y monter des resorts et des shoppings center.
Fort heureusement Boipeba a résisté à tout. C’est donc à peine égratignée par notre monde moderne qu’elle continue d’exhiber discrétement ses beautés naturelles. Enfin presque, car cette année un site Internet de tourisme, mondialement connu, l’a déclaré la plus belle île du monde, juste après l’île de Pâques. Pour Boipeba c’est peut-être cloche.

Pour moi, c’est la plus belle du Brésil, ce qui n’est déjà pas mal. Je l’ai beaucoup fréquenté. Des dizaines et des dizaines de fois j’ai fait le voyage depuis Salvador. Car c’est un voyage malgré la courte distance (96 km) qui sépare la capitale de ce petit paradis. Enfin, même pas petit d’ailleurs, le paradis est toujours suffisamment grand.
Sans doute ce qui fait sa splendeur est un ensemble de choses, pas seulement ses plages. C’est sa tranquilité, pas d’insécurité, pas de voiture, c’est la diversité de son milieu naturel, plages bordées de cocotiers, piscines naturelles, forêt tropicale, mangrove… Puis cette douceur de vivre qu’on ne retrouve que dans les endroits restés en marge de la civilisation. Une population heureuse et fière de son île. On entend jamais personne s’y plaindre, il y a vraiment quelque chose dans l’air.

Mais attention, on est pas coupé du monde à Boipeba, il y a le téléphone et Internet bien sûr. Puis des petits bateaux qui assument le transport des gens et des marchandises vers Valença, la grosse ville la plus proche sur le continent. Et puis il y a un luxe à Boipeba, pas celui des hébergements 4 étoiles, ce serait trop facile, et d’ailleurs il n’y en a pas. Le luxe est justement dans la simplicité du lieu, car se sentir comme un coq en pâte avec un minimum de confort, c’est du luxe. Choisir sa plage pour soi tout seul, manger des plats succulents à base de produits frais, c’est du luxe.
Le summum c’est de prendre un bain de mer dans l’après-midi, puis aller se désaler dans les eaux du fleuve, là où descendent les habitants du village en fin d’après midi pour se baigner. Et tout ça en se remplissant les yeux d’horizons infinis, en respirant un air si pur qu’il en frôle l’indécence, en laissant le soleil nous griller juste un peu, comme les grosses crevettes de Guido le pêcheur. Le temps s’est arreté à Boipeba, mais pas les sens. Et si l’on dit que c’est ici que le vent prend son virage, c’est pour signifier qu’on est très loin de tout. Mais en réalité c’est le contraire, on est très près de tout, de la vie, et surtout de nous-mêmes, tout simplement…

Boipeba

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